estudos:ricoeur:ricoeur-tr-hermeneutica
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| + | ====== hermenêutica (TR) ====== | ||
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| + | C’est, en revanche, la tâche de l’**herméneutique** de reconstruire l’ensemble des opérations par lesquelles une œuvre s’enlève sur le fond opaque du vivre, de l’agir et du souffrir, pour être donnée par un auteur à un lecteur qui la reçoit et ainsi change son agir. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Une **herméneutique**, | ||
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| + | Dans la mesure enfin où le monde que le récit refigure est un monde temporel, la question se pose de savoir quel secours une **herméneutique** du temps raconté peut attendre de la phénoménologie du Temps. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Si tel était le cas, le cercle **herméneutique** de la narrativité et de la temporalité se résoudrait dans le cercle vicieux de la mimèsis. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Le cercle **herméneutique** du récit et du temps ne cesse ainsi de renaître du cercle que forment les stades de la mimèsis. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Le postulat sous-jacent à cette reconnaissance de la fonction de refiguration de l’œuvre poétique en général est celui d’une **herméneutique** qui vise moins à restituer l’intention de l’auteur en arrière du texte qu’à expliciter le mouvement par lequel un texte déploie un monde en quelque sorte en avant de lui-même. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Je me suis longuement expliqué ailleurs sur ce changement de front de l’**herméneutique** post-heideggerienne par rapport à l’**herméneutique** romantique. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Si le caractère aporétique de toute phénoménologie pure du temps pouvait être argumenté de façon au moins plausible, le cercle **herméneutique** de la narrativité et de la temporalité serait élargi bien au-delà du cercle de la mimèsis, auquel a dû se borner la discussion dans la première partie de cet ouvrage, aussi longtemps que l’historiographie et la critique littéraire n’ont pas dit leur mot sur le temps historique et sur les jeux de la fiction avec le temps. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Ce n’est qu’au terme de ce que je viens d’appeler une conversation triangulaire, | ||
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| + | On pourrait dès maintenant objecter à la thèse du caractère universellement aporétique de la phénoménologie pure du temps que l’**herméneutique** de Heidegger marque une rupture décisive avec la phénoménologie subjectiviste d’Augustin et de Husserl. PRTR1 I 3 | ||
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| + | L’analyse que je consacrerai à Heidegger rendra pleine justice à l’originalité dont peut se prévaloir une phénoménologie fondée dans une ontologie et qui se présente elle-même comme une **herméneutique**. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Je tiens pour un acquis inappréciable de l’analyse heideggerienne d’avoir établi, avec les ressources d’une phénoménologie **herméneutique**, | ||
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| + | On peut douter en effet qu’il ait réussi à dériver le concept d’histoire familier aux historiens de métier, ainsi que la thématique générale des sciences humaines reçues de Dilthey, de l’historialité du Dasein, qui, pour la phénoménologie **herméneutique**, | ||
| + | |||
| + | Tantôt ce sera la phénoménologie **herméneutique** du temps qui fournira la clé de la hiérarchisation du récit, tantôt ce seront les sciences du récit historique et du récit de fiction qui nous permettront de résoudre poétiquement — selon une expression déjà employée plus haut — les apories les plus intraitables spéculativement de la phénoménologie du temps. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Mais la réflexion préliminaire que constitue la première partie de cet ouvrage nous a déjà conduit, d’une conception où le cercle **herméneutique** s’identifie à celui des stades de la mimèsis, à une conception qui inscrit cette dialectique dans le cercle plus vaste d’une poétique du récit et d’une aporétique du temps. PRTR1 I 3 | ||
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| + | Au vrai, ces deux règles de lecture paraîtraient entièrement arbitraires, | ||
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| + | Le symbole ainsi compris fournit une clé **herméneutique** pour l’interprétation de la chaîne à la fois descendante et circulaire des modes fictionnels. PRTR2 III 1 | ||
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| + | La première phase, dite littérale, correspond au premier sens de l’**herméneutique** biblique. PRTR2 III 1 | ||
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| + | Avec la deuxième phase, appelée formelle, qui rappelle le sens allégorique de l’**herméneutique** biblique, le poème reçoit une structure de son imitation de la nature, sans rien perdre de sa qualité hypothétique ; de la nature, le symbole tire une imagerie qui met toute la littérature dans un rapport oblique, indirect, avec la nature, grâce à quoi elle peut non seulement plaire, mais instruire. PRTR2 III 1 | ||
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| + | Ce trait ne passe pas dans la narratologie structurale à laquelle Gérard Genette se rattache, et ne trouve un prolongement que dans une méditation relevant d’une **herméneutique** du monde du texte, telle que nous l’esquisserons dans le dernier chapitre de la troisième partie. PRTR2 III 3 | ||
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| + | Mais, pour une réflexion seconde, le soupçon nous vient que ce rapport de distanciation entre la voix narrative et le récit pourrait constituer la clé **herméneutique** du problème posé par le roman lui-même. PRTR2 III 4 | ||
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| + | D’où notre seconde hypothèse de lecture : afin de ne conférer aucun privilège exclusif ni à l’apprentissage des signes, qui retirerait à la révélation finale son rôle de clé **herméneutique** pour l’œuvre entière, ni à la révélation finale, qui dépouillerait de toute signification les milliers de pages qui la précèdent, | ||
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| + | Or, cette formulation n’est valable que si, au préalable, ne nous bornant pas aux enseignements tirés du livre XI des Confessions, | ||
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| + | Cette reformulation ne se borne pas à un changement de vocabulaire, | ||
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| + | C’est à une **herméneutique** qu’il appartient d’interpréter le sens de cette visée ontologique, | ||
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| + | A ce stade de la réflexion, le langage de la référence, | ||
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| + | Avec cette question, l’**herméneutique** appliquée à la visée ontologique de la conscience historique prendra sa plus grande ampleur. PRTR3 IV Conclusions | ||
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| + | La phénoménologie **herméneutique** de Heidegger, en dépit de sa rupture en profondeur avec une phénoménologie de la conscience intime du temps, n’échappe pas non plus à la règle, mais ajoute ses propres difficultés à celles de ses deux illustres prédécesseurs. PRTR3 IV I | ||
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| + | Si on ne laisse pas les œuvres ultérieures de Heidegger couvrir la voix de l’Être et le Temps, on se donne la chance d’apercevoir, | ||
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| + | Ces tensions et ces discordances, | ||
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| + | S’il reste vrai que « l’ontologie n’est possible que comme phénoménologie » , la phénoménologie elle-même n’est possible que comme **herméneutique**, | ||
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| + | Par-delà le dilemme de la visibilité et de l’invisibilité du temps s’ouvre le chemin d’une phénoménologie **herméneutique** où le voir cède le pas au comprendre, ou, selon une autre expression, à une interprétation découvrante, | ||
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| + | Par travail de langage, j’entends, | ||
| + | |||
| + | Si la phénoménologie **herméneutique** peut prétendre échapper à l’alternative entre une intuition directe, mais muette, du temps, et une présupposition indirecte, mais aveugle, c’est bien grâce à ce travail de langage qui fait la différence entre interpréter (auslegen, § 32) et comprendre : interpréter, | ||
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| + | Je voudrais dire en quelques pages la percée nouvelle que cette phénoménologie **herméneutique** opère dans la compréhension du temps, par rapport aux trouvailles dont il faut créditer Augustin et Husserl, quitte à avouer plus loin combien est plus élevé encore le prix à payer pour cette audacieuse interprétation. PRTR3 IV I | ||
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| + | La toute première implication temporelle qu’elle déploie est en effet celle de l’être-en-avant-de-soi (das Sichvorweg), | ||
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| + | Ce dernier empiétement est inéluctable, | ||
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| + | Les commentateurs n’ont pas assez souligné, me semble-t-il, | ||
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| + | Plus que le primat du futur : la réinscription du terme « futur », emprunté au langage quotidien, dans l’idiome approprié à la phénoménologie **herméneutique**. PRTR3 IV I | ||
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| + | Ne tenons-nous pas pour évident que le passé est déterminé et le futur ouvert ? Mais cette asymétrie, séparée de son contexte **herméneutique**, | ||
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| + | Le temps dérivé ne s’annonce-t-il pas déjà dans le hors-de-soi de la temporalité originaire ? Je ne saurais mesurer ma dette à l’égard de l’ultime contribution de la phénoménologie **herméneutique** de Heidegger à la théorie du temps. PRTR3 IV I | ||
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| + | Qui ne comprend pas « historial », au sens **herméneutique**, | ||
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| + | A quoi, dit Heidegger, il faut obstinément répliquer, avec toute la gravité de la phénoménologie **herméneutique** du Souci, que « l’historial de l’histoire est l’historial de l’être-au-monde » et que « avec l’existence de l’être-au-monde historial, le maniable et le donné sont dès toujours incorporés dans l’historial du monde » (ibid). PRTR3 IV I | ||
| + | |||
| + | La tâche de la phénoménologie **herméneutique**, | ||
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| + | Si la phénoménologie **herméneutique** n’a rien à dire sur les aspects épistémologiques de l’histoire de la mesure du temps, elle s’intéresse en revanche à la direction que cette histoire a prise, en distendant les liens entre cette mesure et le procès de temporalisation dont l’être-là est le pivot. PRTR3 IV I | ||
| + | |||
| + | Avant d’entrer dans la polémique dirigée par l’interprétation existentiale de l’intra-temporalité contre la représentation vulgaire du temps, disons l’avance que la phénoménologie **herméneutique** de Heidegger a prise sur celle d’Augustin et de Husserl. PRTR3 IV I | ||
| + | |||
| + | Mais de nouvelles apories naissent de cette avance même de la phénoménologie **herméneutique**. PRTR3 IV I | ||
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| + | Elles sont révélées par l’échec de la polémique contre le concept vulgaire de temps, échec qui, par choc en retour, aide à porter au jour le caractère aporétique de cette phénoménologie **herméneutique**, | ||
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| + | Nous le savons, la phénoménologie ne peut être qu’une **herméneutique**, | ||
| + | |||
| + | Si, comme je le crois, on ne peut constituer la temporalité humaine sur la base du concept de temps conçu comme suite de « maintenant », le trajet inverse de la temporalité et de l’être-là au temps cosmique n’est-il pas, d’après la discussion qui précède, tout aussi impraticable ? Dans toute l’analyse précédente, | ||
| + | |||
| + | Il ressort de cette discussion que l’autonomie du temps du mouvement (pour rester dans un vocabulaire kantien autant qu’aristotélicien) constitue l’ultime aporie pour la phénoménologie du temps — une aporie que seule pouvait révéler dans toute sa radicalité la conversion **herméneutique** de la phénoménologie. PRTR3 IV I | ||
| + | |||
| + | A son tour, cette différence entre les deux formes extrêmes de l’échange frontalier entre les deux perspectives sur le temps rend attentif à des polarités, des tensions, voire des ruptures à l’intérieur même du domaine exploré par la phénoménologie **herméneutique**. PRTR3 IV I | ||
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| + | C’est par un dernier surcroît de sens que se révèle ce temps du monde par lequel la phénoménologie **herméneutique** jouxte la science astronomique et physique. PRTR3 IV I | ||
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| + | Première conséquence : si l’on met l’accent sur les deux extrêmes de cette promotion de sens, l’être-pour-la-mort et le temps du monde, on découvre une opposition polaire, paradoxalement dissimulée à travers le processus **herméneutique** dirigé contre toute dissimulation : d’un côté le temps mortel, de l’autre le temps cosmique. PRTR3 IV I | ||
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| + | En s’ajoutant à la cassure, pour l’épistémologie, | ||
| + | |||
| + | Cette attention portée aux apories qui travaillent la section de l’Être et le Temps sur la temporalité autorise à jeter un dernier regard sur la situation de l’historialité dans la phénoménologie **herméneutique** du temps. PRTR3 IV I | ||
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| + | L’ampleur de cette fonction médiatrice est égale à celle du champ d’apories ouvert par la phénoménologie **herméneutique** du temps. PRTR3 IV I | ||
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| + | Mais la position médiane de l’historial entre la temporalité et l’intra-temporalité fait plus directement problème lorsque l’on passe des conflits de frontière entre la phénoménologie et la cosmologie aux discordances internes à la phénoménologie **herméneutique** elle-même. PRTR3 IV I | ||
| + | |||
| + | Cette question relève d’une **herméneutique** de la conscience historique, c’est-à-dire d’une interprétation du rapport que le récit historique et le récit de fiction pris ensemble entretiennent avec l’appartenance de chacun de nous à l’histoire effective, à titre d’agent et de patient. PRTR3 IV II | ||
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| + | Cette **herméneutique**, | ||
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| + | Toutefois, leur contribution à l’**herméneutique** de la conscience historique n’apparaît qu’au terme d’un travail réflexif qui ne relève déjà plus de l’épistémologie de la connaissance historique ; pour l’historien, | ||
| + | |||
| + | La réflexion transcendantale sur le temps calendaire se trouve ainsi enrôlée par notre **herméneutique** de la temporalité. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Heidegger peut bien concéder que « la représentation vulgaire a son droit naturel » , la marque de la déchéance que lui imprime la phénoménologie **herméneutique** est indélébile. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Ce même processus de recouvrement revient sous une autre forme et sous un autre nom dans la phénoménologie **herméneutique** de Heidegger, plus attentive il est vrai à la hiérarchisation intime des niveaux de temporalisation qu’à la continuité de l’unique flux temporel. PRTR3 IV II | ||
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| + | Or, ni la phénoménologie husserlienne, | ||
| + | |||
| + | Aussi bien la phénoménologie **herméneutique** se distingue-t-elle de la phénoménologie intuitive de style husserlien en ceci que le plus proche reste toujours le plus dissimulé. PRTR3 IV II | ||
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| + | La répétition occupe dans la phénoménologie **herméneutique** une position stratégique tout à fait comparable à celle qu’occupe la dialectique de l’intention/ | ||
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| + | En nous éloignant du vocabulaire de la référence, | ||
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| + | De ce dernier, nous avons appris que l’application n’est pas un appendice contingent ajouté à la compréhension et à l’explication, | ||
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| + | Toutefois, l’**herméneutique** tissée dans le « Prologue » est si rhapsodique que les desseins de l’auteur en deviennent impénétrables et la responsabilité du lecteur écrasante. PRTR3 IV II | ||
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| + | La théorie de la lecture, dès ce moment, aura cessé de relever de la rhétorique, | ||
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| + | Iser, soit dans le sens d’une **herméneutique** de la réception publique de l’œuvre, dans l’Esthétique de la réception de H. PRTR3 IV II | ||
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| + | Or, ce n’est pas seulement l’effet actuel, mais l’« histoire des effets » — pour reprendre une expression propre à l’**herméneutique** philosophique de Gadamer — qui doit être prise en compte, ce qui exige que soit restitué l’horizon d’attente de l’œuvre littéraire considérée, | ||
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| + | Si l’Esthétique de la réception, dont nous venons de résumer les thèses, a pu rejoindre et compléter la phénoménologie de l’acte de lire, c’est à la faveur d’une expansion de son propos initial, qui était de rénover l’histoire littéraire, | ||
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| + | A cette **herméneutique** est assignée la tâche d’égaler les deux autres herméneutiques régionales, | ||
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| + | Or l’**herméneutique** littéraire, | ||
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| + | Contrairement à une vue superficielle, | ||
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| + | Une **herméneutique** littéraire devra ainsi répondre à ces trois questions : en quel sens la démarche primaire de la compréhension est-elle habilitée à qualifier d’esthétique l’objet de l’**herméneutique** littéraire ? Qu’est-ce que l’exégèse réfléchissante ajoute à la compréhension ? Quel équivalent du prêche, en exégèse biblique, du verdict, en exégèse juridique, la littérature offre-t-elle au plan de l’application ? Dans cette structure triadique, c’est l’application qui oriente téléologiquement le procès entier, mais c’est la compréhension primaire qui règle le procès d’un stade à l’autre, en vertu de l’horizon d’attente qu’elle contient déjà PRTR3 IV II | ||
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| + | Une **herméneutique** littéraire devra ainsi répondre à ces trois questions : en quel sens la démarche primaire de la compréhension est-elle habilitée à qualifier d’esthétique l’objet de l’**herméneutique** littéraire ? Qu’est-ce que l’exégèse réfléchissante ajoute à la compréhension ? Quel équivalent du prêche, en exégèse biblique, du verdict, en exégèse juridique, la littérature offre-t-elle au plan de l’application ? Dans cette structure triadique, c’est l’application qui oriente téléologiquement le procès entier, mais c’est la compréhension primaire qui règle le procès d’un stade à l’autre, en vertu de l’horizon d’attente qu’elle contient déjà. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | L’**herméneutique** littéraire est ainsi à la fois orientée vers l’application et par la compréhension. PRTR3 IV II | ||
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| + | Le primat donné à la compréhension explique qu’à la différence de l’**herméneutique** philosophique de Gadamer, l’**herméneutique** littéraire ne soit pas directement engendrée par la logique de la question et de la réponse : retrouver la question à laquelle le texte offre une réponse, reconstruire les attentats des premiers destinataires du texte, afin de restituer au texte son altérité primitive, ce sont là déjà des démarches de relecture, secondes par rapport à une compréhension primaire qui laisse le texte développer ses propres attentes. PRTR3 IV II | ||
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| + | Ce primat assigné à la compréhension s’explique par le rapport tout à fait primitif entre connaissance et jouissance (Genuss), qui assure la qualité esthétique de l’**herméneutique** littéraire. PRTR3 IV II | ||
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| + | La critique littéraire doit prendre son parti de ce préalable **herméneutique** de la partialité. PRTR3 IV II | ||
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| + | Celle-ci naît de la question : quel horizon historique a conditionné la genèse et l’effet de l’œuvre, et limite en retour l’interprétation du lecteur actuel ? L’**herméneutique** littéraire délimite ainsi l’espace légitime des méthodes historico-philologiques, | ||
| + | |||
| + | La question simplement historicisante — que disait le texte ? — reste sous le contrôle de la question proprement **herméneutique** — que me dit le texte et que dis-je au texte ? Qu’advient-il de l’application dans ce schéma ? A première vue, l’application propre à l’**herméneutique** paraît ne produire aucun effet comparable au prêche dans l’**herméneutique** théologique ou au verdict dans l’**herméneutique** juridique : la reconnaissance de l’altérité du texte, dans la lecture savante, semble être le dernier mot de l’esthétique littéraire. PRTR3 IV II | ||
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| + | On comprend cette hésitation : s’il est vrai que l’aisthèsis et la jouissance ne se bornent pas au niveau de la compréhension immédiate, mais traversent tous les stades de la « subtilité » **herméneutique**, | ||
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| + | La dialectique entre liberté et contrainte, interne au processus créateur, est ainsi transmise tout au long du processus **herméneutique** que Jauss caractérisait plus haut par la triade poièsis, aisthèsis, catharsis. PRTR3 IV II | ||
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| + | Nous comprenons mieux maintenant en quel sens l’exode hors de l’hégélianisme peut être appelé un événement de pensée. Cet événement n’affecte pas l’histoire au sens de l’historiographie, | ||
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| + | Dès lors, quittant l’hégélianisme, | ||
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| + | Le choix de ces termes me paraît, très judicieux et particulièrement éclairant, eu égard à une **herméneutique** du temps historique. PRTR3 IV II | ||
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| + | Nous nous garderons de laisser ce thème, d’une grande puissance heuristique, | ||
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| + | Une **herméneutique** plus attentive à la réception des idées se bornerait ici à rappeler que l’archéologie du savoir ne peut pas s’affranchir entièrement du contexte général où la continuité temporelle retrouve son droit, et donc ne peut manquer de s’articuler sur une histoire des idées au sens des histoires spéciales de Mandelbaum. PRTR3 IV II | ||
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| + | Du point de vue formel où nous nous tenons encore, la notion de distance traversée s’oppose à la fois à celle du passé tenu pour simplement révolu, aboli, absous, et à celle de contemporanéité intégrale, qui fut l’idéal **herméneutique** de la philosophie romantique. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Cette notion de fusion entre horizons conduit au thème qui est finalement l’enjeu de cette **herméneutique** de la conscience historique, à savoir la tension entre l’horizon du passé et celui du présent. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Donner des traditions une appréciation positive n’est pourtant pas encore faire de la tradition un critère **herméneutique** de la vérité. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Enfin, l’équivalence partielle entre une **herméneutique** des textes et une **herméneutique** du passé historique trouve un renfort dans le fait qu l’historiographie, | ||
| + | |||
| + | Nous arrivons enfin au troisième sens du terme « tradition » dont nous avons délibérément ajourné l’examen : c’est celui qui a donné lieu à la confrontation entré l’**herméneutique** dite des traditions et la critique des idéologies. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Ceci dit, la recherche est le partenaire obligé de la tradition, dans la mesure où celle-ci n’offre que des prétentions à la vérité : « Toute **herméneutique** historique, écrit Gadamer, doit commencer par abolir l’opposition abstraite entre tradition et science historique, entre le cours de l’histoire et le savoir de l’histoire » . PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Ce sont essentiellement les vicissitudes de la tradition — ou, pour mieux dire, des traditions rivales auxquelles nous appartenons dans une société et une culture pluralistes —, leurs crises internes, leurs interruptions, | ||
| + | |||
| + | Or, comment l’**herméneutique** remplirait-elle cette tâche, si elle n’usait pas de l’objectivité historiographique comme d’un crible à l’égard des traditions mortes ou de ce que nous tenons pour des déviations des traditions dans lesquelles nous nous reconnaissons nous-mêmes ? C’est bien ce passage par l’objectivation qui distingue l’**herméneutique** post-heideggerienne de l’**herméneutique** romantique, où « la compréhension était conçue comme la reproduction d’une production originelle » . PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Dès que l’**herméneutique** s’éloigne de son origine romantique, elle se met dans l’obligation d’intégrer le meilleur de l’attitude qu’elle réprouve. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | L’**herméneutique** peut rejeter le méthodologisme, | ||
| + | |||
| + | Car comment l’interprète se laisserait-il interpeller par « les choses mêmes », s’il n’usait pas, au moins sur un mode négatif, du « filtrage » opéré par la distance temporelle ? Il ne faut pas oublier que c’est le fait de la mécompréhension qui a donné naissance à l’**herméneutique** ; la question proprement critique de « la distinction à opérer entre les préjugés vrais qui guident la compréhension et les préjugés faux qui entraînent la mécompréhension » devient ainsi une question interne à l’**herméneutique** elle-même, Gadamer l’accorde bien volontiers : « La conscience formée à l’école **herméneutique** inclura par conséquent la conscience historiographique » . PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Ces deux remarques faites, nous pouvons enfin évoquer le débat entre critique des idéologies et **herméneutique** de la tradition, dans le seul dessein de mieux cerner la notion d’efficience de l’histoire, | ||
| + | |||
| + | Or, quelle légitimité peut-elle procéder de ce qui paraît bien n’être qu’une condition empirique, à savoir la finitude inéluctable de toute compréhension ? Comment une nécessité — müssen — se convertirait-elle en un droit — sollen ? L’**herméneutique** de la tradition, semble-t-il, | ||
| + | |||
| + | Est-ce à dire que l’**herméneutique** de la tradition soit ici sans réplique ? Je ne le pense pas. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | Demandons-nous seulement de quelles armes la raison dispose dans cette compétition qui l’oppose à l’autorité de la tradition ? Ce sont d’abord les armes d’une critique des idéologies ; celle-ci commence par replacer le langage, sur lequel l’**herméneutique** semble se refermer, dans une constellation plus vaste, qui comporte aussi le travail et la domination ; sous le regard de la critique matérialiste qui s’ensuit, la pratique du langage se révèle être le siège de distortions systématiques qui résistent à l’action corrective qu’une philologie généralisée — ce que l’**herméneutique** paraît être en dernier ressort — applique à la simple mécompréhension inhérente à l’usage du langage, une fois séparée arbitrairement de sa condition sociale d’exercice. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | L’**herméneutique** doit donc renoncer à sa prétention universaliste pour rester créditée d’une légitimité régionale. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | C’est sur ce chemin du retour de la question du fondement à celui de l’efficience historique que l’**herméneutique** de la tradition se fait à nouveau entendre. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | C’est là le moment **herméneutique** de la critique. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | A cet égard, une **herméneutique** de l’histoire de l’efficience n’éclaire que la dialectique interne à l’espace d’expérience, | ||
| + | |||
| + | D’un côté, la dialectique du Même, de l’Autre, de l’Analogue reçoit une signification **herméneutique** nouvelle, d’être soumise à la pensée de l’efficience du passé. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | L’approche **herméneutique**, | ||
| + | |||
| + | Finalement, cette inclusion de la dialectique du Même, de l’Autre et de l’Analogue dans l’**herméneutique** de l’histoire est ce qui préserve la notion de tradition de se laisser à nouveau capter par les charmes du romantisme. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | S’il le reste, c’est parce qu’il recèle une signification durable qu’une **herméneutique** du temps historique a la tâche de réactualiser dans des contextes toujours nouveaux. PRTR3 IV II | ||
| + | |||
| + | C’est avec Heidegger que l’aporie résultant de l’occultation mutuelle du temps phénoménologique et du temps cosmologique m’a paru atteindre son plus haut degré de virulence, en dépit du fait que la hiérarchie des niveaux de temporalisation portés au jour par la phénoménologie **herméneutique** de l’être-là accorde une place à l’intratemporalité, | ||
| + | |||
| + | En un mot, l’identité narrative est la résolution poétique du cercle **herméneutique**. PRTR3 IV Conclusions | ||
| + | |||
| + | Or nulle part il n’est dit pourquoi cette question est la principale que doive se poser une phénoménologie **herméneutique** du temps. PRTR3 IV Conclusions | ||
| + | |||
| + | Cette analyse paraît en effet soumise à deux impulsions contraires : selon la première, la phénoménologie **herméneutique** du Souci tend à se refermer sur un phénomène intime, non transférable d’un être-là à l’autre, qu’il faudrait appeler la mort propre, comme on dit le corps propre. PRTR3 IV Conclusions | ||
| + | |||
| + | En commençant délibérément par la notion d’horizon d’attente, | ||
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| + | C’est pourquoi l’axiome kantien, selon lequel des temps différents sont seulement des parties du même temps, ne reçoit aucune interprétation satisfaisante dans la phénoménologie **herméneutique** de la temporalité. PRTR3 IV Conclusions | ||
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| + | Cette seconde requête a dominé toute notre analyse de la traditionalité ; si nous avons refusé de nous laisser enfermer dans l’alternative d’une **herméneutique** des traditions et d’une critique des idéologies, | ||
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| + | Parler en ces termes n’a rien de désobligeant : pour le type de discours qui se veut encore phénoménologique, | ||
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| + | Car, prise en elle-même, la distinction entre l’être-temporal et la temporalité ne désigne plus un phénomène accessible à la phénoménologie **herméneutique** en tant que telle. PRTR3 IV Conclusions | ||
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