estudos:ricoeur:memoria-e-imaginacao-nota-inicial
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| + | ====== Memória e Imaginação (nota inicial) (2000:5-7) ====== | ||
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| + | ==== La mémoire, l’histoire, | ||
| + | //Ao submeter-se ao primado da questão "o quê", a fenomenologia da memória confronta-se desde logo com uma formidável aporia que a linguagem corrente suporta: a presença em que parece consistir a representação do passado parece ser, de facto, a de uma imagem. Dizemos indistintamente que representamos um acontecimento passado ou que temos uma imagem dele, que pode ser visual ou auditiva.// | ||
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| + | En se soumettant au primat de la question « quoi ? », la phénoménologie de la mémoire se voit confrontée d’entrée de jeu à une redoutable aporie que le langage ordinaire cautionne : la présence en laquelle semble consister la représentation du passé paraît bien être celle d’une image. On dit indistinctement qu’on se représente un événement passé ou qu’on en a une image, laquelle peut être quasi visuelle ou auditive. Par-delà le langage ordinaire, une longue tradition philosophique, | ||
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| + | C’est à contre-courant de cette tradition d’abaissement de la mémoire, dans les marges d’une critique de l’imagination, | ||
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| + | Les difficultés de cette opération de découplage remontent à l’origine grecque de la problématique (section I). D’un côté, la théorie platonicienne de l’eikōn met l’accent principal sur le phénomène de présence d’une chose absente, la référence au temps passé restant implicite. Cette problématique de l’eikōn a elle-même sa pertinence et son instance propre, comme l’attestera la suite de nos investigations. Néanmoins, elle a pu faire obstacle à la reconnaissance de la spécificité de la fonction proprement temporalisante de la mémoire. C’est du côté d’Aristote qu’il faut se tourner pour recueillir l’aveu de cette spécificité. La fière déclaration qu’on lit dans le magnifique petit texte des Parva Naturalia « De la mémoire et de la réminiscence » – « La mémoire est du temps » – deviendra notre étoile directrice pour la suite de notre exploration. | ||
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| + | La partie centrale de cette étude sera consacrée à une tentative de typologie des phénomènes mnémoniques (section II). En dépit de son apparente dispersion, elle vise à travers une série d’approximations à cerner l’expérience princeps de distance temporelle, de profondeur du temps passé. Je ne cache pas que ce plaidoyer pour l’indice de différenciation de la mémoire devrait être couplé à une révision parallèle de la thématique de l’imaginaire, | ||
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| + | Mais je ne pense pas qu’on puisse s’en tenir à cette double opération de spécification de l’imaginaire et du souvenir. Il doit y avoir dans l’expérience vive de la mémoire un trait irréductible qui explique l’insistance de la confusion dont témoigne l’expression d’image-souvenir. Il semble bien que le retour du souvenir ne puisse se faire que sur le mode du devenir-image. La révision parallèle de la phénoménologie du souvenir et de celle de l’image trouverait sa limite dans le processus de mise en images du souvenir (section III). | ||
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| + | La menace permanente de confusion entre remémoration et imagination, | ||
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| + | Et pourtant nous n’avons pas mieux que la mémoire pour assurer que quelque chose s’est passé avant que nous en formions le souvenir. L’historiographie elle-même, disons-le dès maintenant, ne réussira pas à déplacer la conviction sans cesse brocardée et sans cesse réassertée que le référent dernier de la mémoire reste le passé, quoi que puisse signifier la passéité du passé. | ||
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