estudos:henry:henry-1963-imanencia
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| + | ====== imanência (1963) ====== | ||
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| + | Si la réalité humaine est soumise en tout cas au pouvoir de la transcendance, | ||
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| + | La transcendance repose sur l’**immanence**. 7 | ||
| + | |||
| + | L’être phénoménologique de l’ego est un avec la révélation originaire qui s’accomplit dans une sphère d’**immanence** radicale. 7 | ||
| + | |||
| + | Une expérience interne entendue au sens d’une révélation originaire qui s’accomplit dans une sphère d’**immanence** radicale, existe par elle-même, sans aucun contexte, sans le support d’aucun être extérieur et « réel », elle est elle-même précisément une « existence » ou, pour mieux dire, l’existence même, celle qu’il convient de penser sous le titre de « réalité humaine ». 7 | ||
| + | |||
| + | L’ego n’a point à se manifester dans le milieu de l’être transcendant, | ||
| + | |||
| + | Le problème de la connaissance de soi se pose sur une base complètement nouvelle lorsque, à la lumière de la problématique de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Le concept d’aliénation perd toute signification ontologique lorsque la problématique a mis en lumière l’**immanence** transcendantale de l’ego et que les rapports de la subjectivité absolue et du temps ont été définis conformément à l’eidos de cette **immanence**. 7 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** du savoir absolu au sein du savoir non vrai est ce qui nous permet de répondre à la question de Hegel : comment le savoir vrai peut-il faire la preuve de sa vérité contre le savoir non vrai ? Affirmera-t-il simplement qu’il est le vrai savoir ? « Par une telle assurance, remarque Hegel, il déclarerait en effet que sa force réside dans son être, mais le savoir non vrai fait également appel à ce même fait qu’il est. » 8 | ||
| + | |||
| + | Mais il n’est pas dit par là que cette structure soit, sur le fond de l’**immanence** en elle de l’existence, | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** de l’être à l’étant ne signifie sans doute pas la suppression de leur opposition, ou plutôt, de l’opposition comme telle. 13 | ||
| + | |||
| + | Mais l’opposition qui fait que l’étant surgit toujours comme l’opposé, | ||
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| + | L’**immanence** de la détermination au devenir effectif de la manifestation s’exprime aussi dans l’opposition à l’idée de la lumière de celle du feu qui implique en lui la présence d’une « matière » car, à bien y regarder, il apparaît que cette opposition, n’en est pas une, s’il est vrai que la lumière se réalise seulement dans le feu et ne devient ainsi effective que dans son union indissoluble avec l’être opaque et radicalement autre auquel elle s’oppose. 14 | ||
| + | |||
| + | La manifestation de l’horizon dans l’œuvre pure de l’essence signifie l’**immanence** du devenir phénoménal à l’essence de la phénoménalité. 16 | ||
| + | |||
| + | Dans cette **immanence** réside la Selbständigkeit de l’essence. 16 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** du devenir phénoménal à l’essence de la phénoménalité comprise selon les présuppositions ontologiques fondamentales du monisme s’exprime dans l’affirmation que l’horizon ouvert par cette essence se manifeste comme tel et dans sa pureté. 16 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** du devenir phénoménal à l’essence originaire et pure de la phénoménalité a un fondement. 16 | ||
| + | |||
| + | L’élucidation du fondement de l’**immanence** du devenir phénoménal à l’essence de la phénoménalité permet seule de dire si ce devenir se recouvre totalement avec l’essence qui le fonde, si l’essence originaire et pure est la vérité ou si elle est aussi la non-vérité. 16 | ||
| + | |||
| + | Ce qui est défini, toutefois, dans cette **immanence** de l’essence à l’existence, | ||
| + | |||
| + | Cette **immanence** à la conscience du principe du mouvement de son expérience, | ||
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| + | L’imagination apparaît ainsi comme l’essence suprême dont l’**immanence** au sein de la pensée et de l’intuition confère à chacune de celles-ci leur pouvoir de représentation en même temps qu’elle fonde leur affinité et rend ainsi possible le schématisme. 23 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** du devenir phénoménal à l’essence de la phénoménalité désigne cette essence elle-même comme ce qui se phénoménalise à l’intérieur de ce devenir. 29 | ||
| + | |||
| + | La détermination ontologique de l’essence originaire de la révélation fait apparaître celle-ci comme l’**immanence**. 29 | ||
| + | |||
| + | Ce qui ne se dépasse pas, ce qui ne s’élance pas hors de soi mais demeure en soi-même sans se quitter ni sortir de soi est, dans son essence, **immanence**. 30 | ||
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| + | L’**immanence** est le mode originaire selon lequel s’accomplit la révélation de la transcendance elle-même et, comme telle, l’essence originaire de la révélation. 30 | ||
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| + | L’essence de la réceptivité originaire qui assure la réception de la transcendance elle-même est l’**immanence**. 30 | ||
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| + | En tant qu’il est constitué par l’**immanence**, | ||
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| + | Ce qui demeure totalement indéterminé dans le concept d’**immanence** lorsque celui-ci, appliqué à un contenu quelconque, désigne le caractère en vertu duquel un tel contenu se trouve être effectivement reçu par la conscience, ce n’est rien de moins, toutefois, que le mode même selon lequel s’opère cette réception, c’est-à-dire la « conscience » elle-même. 30 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** reçoit paradoxalement le sens de l’objectivité. 30 | ||
| + | |||
| + | De quels contenus est-il question, toutefois, quand l’**immanence** et la transcendance sont pour eux des déterminations contingentes ? Il s’agit manifestement dans ce cas de contenus susceptibles d’apparaître « à l’intérieur de l’horizon de la transcendance », c’est-à-dire de contenus ontiques. 30 | ||
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| + | Être immanent, de la même manière, pour un contenu ontologique pur, c’est se trouver radicalement déterminé dans son être par un mode spécifique d’apparition et de révélation, | ||
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| + | Sur le fond de sa détermination ontologique radicale par l’essence de l’**immanence**, | ||
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| + | Pareille compréhension suffit à écarter comme radicalement impropre la subsomption sous le concept de l’**immanence** de tout contenu réellement donné à la conscience lorsqu’être donné signifie s’offrir à titre de contenu transcendant, | ||
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| + | Donner une signification ontologique rigoureuse au concept de l’**immanence**, | ||
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| + | Faute de donner une telle signification au concept de l’**immanence**, | ||
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| + | Mais la définition de la structure interne de l’**immanence** par l’exclusion hors d’elle de toute transcendance n’a pas seulement pour effet de rendre décidément impossible la désignation comme « immanent » de tout contenu ontologiquement transcendant, | ||
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| + | En tant que la transcendance est exclue de la structure interne de l’essence de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Ne pas être séparée de son contenu, cela signifie, pour l’essence de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Où réside la réalité d’un contenu ontologique pur qui n’est pas extérieur à l’essence à laquelle il appartient, en quoi consiste la réalité ontologique de ce contenu si elle n’est ni séparée ni différente de la réalité ontologique de l’essence elle-même ? Le contenu ontologique pur de l’essence de l’**immanence** est constitué par elle. 30 | ||
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| + | Le concept d’**immanence** intervient dans la problématique qui vise à saisir l’essence originaire de la réceptivité, | ||
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| + | En tant que l’essence originaire de la réceptivité se trouve définie dans sa structure interne par l’**immanence**, | ||
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| + | La première est une réceptivité dans la représentation, | ||
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| + | Conformément au second de ces modes, à celui qui s’accomplit dans l’**immanence**, | ||
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| + | Celle-ci est maintenant déterminée : la possibilité de l’auto-affection réside dans l’essence originaire de la réceptivité, | ||
| + | |||
| + | L’essence originaire de l’affection réside dans l’**immanence**. 31 | ||
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| + | Parce que cette affection originaire trouve sa possibilité dans l’essence de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | La compréhension du rapport qui existe entre l’affection par soi de la transcendance, | ||
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| + | Car l’exclusion de la transcendance hors de l’essence originaire de la réceptivité s’est révélée aux yeux de la problématique avoir une signification positive qui s’exprime dans la détermination d’un mode spécifique de réceptivité dont la structure interne est constituée par l’**immanence**. 32 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** est l’essence de la transcendance. 32 | ||
| + | |||
| + | Ce que la problématique est en mesure d’affirmer à priori, sur le fond de cette similitude, c’est la pure possibilité pour la transcendance de constituer le contenu ontologique de l’essence originaire de la réceptivité et de trouver ainsi dans l’**immanence** la condition ultime de sa réalité. 32 | ||
| + | |||
| + | Que cette pure possibilité, | ||
| + | |||
| + | C’est justement pour cela que l’**immanence** qui constitue la structure interne de ce mode originaire de réceptivité se révèle être l’essence de la transcendance, | ||
| + | |||
| + | Voilà pourquoi l’**immanence** est l’essence de la transcendance. 32 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** est l’essence de la transcendance parce qu’elle la révèle, mais, plus précisément et plus profondément, | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** de la transcendance est sa révélation. 32 | ||
| + | |||
| + | Pour cette raison, le caractère immanent de l’essence est un caractère phénoménologique, | ||
| + | |||
| + | Que le comment de l’accomplissement de cette révélation se révèle en elle comme ce qui la détermine en son essence, c’est là justement ce qui détermine phénoménologiquement et d’une manière ultime l’essence originaire de la transcendance comme **immanence**. 32 | ||
| + | |||
| + | L’interprétation ontologique de l’essence de la transcendance comme **immanence** rend claire la possibilité interne du rapport transcendantal de l’être-au-monde et la détermine. 33 | ||
| + | |||
| + | L’auto-révélation originaire qui détermine dans sa possibilité intrinsèque le mouvement de « s’apporter soi-même auprès de », c’est-à-dire encore la possibilité ultime de la transcendance qui la constitue en son essence comme acte de « se rapporter à », est l’**immanence**. 33 | ||
| + | |||
| + | Se dépasser vers, au sens de la transcendance, | ||
| + | |||
| + | Comme l’interprétation de la transcendance à partir du dépassement de l’étant manque son but et aboutit à un faux concept, elle donne aussi au concept antithétique de l’**immanence** une signification fallacieuse et vide. 33 | ||
| + | |||
| + | Quand la transcendance désigne l’être-hors-de-soi de l’étant, où réside au contraire l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** reçoit la signification d’être une catégorie ontique. 33 | ||
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| + | C’est précisément lorsqu’elle reçoit cette signification que l’**immanence** vaut comme le concept antithétique de la transcendance. 33 | ||
| + | |||
| + | Cette privation de la liberté qui le contraint au contraire à rester en lui-même est l’**immanence**. 33 | ||
| + | |||
| + | Pas plus que le concept de la transcendance ne trouve son contenu dans l’être-à-l’extérieur-de-soi-de-l’étant, | ||
| + | |||
| + | Quand ils sont débarrassés des significations aberrantes que leur confère dans une pseudo-genèse philosophique une origine ontique qu’ils n’ont pas, les concepts de la transcendance et de l’**immanence** cessent de s’opposer. 33 | ||
| + | |||
| + | C’est parce que l’**immanence** n’est pas une catégorie de l’étant qu’à celui-ci la transcendance non plus n’appartient pas. 33 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** est une catégorie ontologique pure, elle est la catégorie ontologique fondamentale qui rend possible le dépassement lui-même comme tel. 33 | ||
| + | |||
| + | Une fois écartées les significations fausses qu’ils reçoivent lorsqu’ils sont interprétés à partir de l’étant comme exprimant la possibilité ou l’impossibilité d’un dépassement de celui-ci, les concepts de la transcendance et de l’**immanence** se laissent saisir dans leur rapport vrai qui n’est pas un rapport d’opposition mais de fondation. 33 | ||
| + | |||
| + | La compréhension de l’essence de la transcendance comme **immanence** montre la vanité des critiques qui reposent au contraire sur la simple opposition de leurs concepts. 33 | ||
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| + | Vaine en effet est la prétention de mettre en cause la valeur philosophique du concept d’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Ce qui se trouve mis en lumière en même temps que cette extension, ce n’est point le rejet de l’**immanence** hors de la structure interne du pouvoir ontologique de l’essence mais seulement son appartenance à celle-ci. 33 | ||
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| + | Si la compréhension des concepts ontologiques purs de l’**immanence** et de la transcendance est différente, | ||
| + | |||
| + | L’extension de la transcendance à la totalité du champ phénoménologique de l’être signifie l’universalité de l’**immanence** comme structure ontologique fondamentale de toute manifestation possible. 33 | ||
| + | |||
| + | Parce que l’extension des concepts d’**immanence** et de transcendance compris comme concepts ontologiques est identique, la tentative de dissocier les réalités qui forment leur contenu pur en rejetant celles-ci chacune hors du champ d’action de l’autre, se révèle absurde. 33 | ||
| + | |||
| + | Ce lien n’est pas extérieur mais réside au contraire dans la transcendance elle-même si l’essence de celle-ci est l’**immanence**. 33 | ||
| + | |||
| + | La compréhension ontologique de la transcendance dans son essence est identiquement celle de l’**immanence** en elle. 33 | ||
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| + | Seul l’oubli de ce qui, dans la transcendance, | ||
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| + | Avec l’omission de l’essence de la transcendance la philosophie de l’être s’en tient, malgré l’apparence, | ||
| + | |||
| + | L’exclusion du monde hors de la conscience de l’imagination résulte de la détermination du mode originaire de révélation de l’imagination comme **immanence**. 34 | ||
| + | |||
| + | La détermination de l’essence de la transcendance comme **immanence** est identiquement la mise en lumière de ce qui rend possible la cohérence de la structure interne de l’essence de la manifestation. 34 | ||
| + | |||
| + | L’unité originairement cohérente du mouvement de la transcendance considéré dans sa structure propre réside dans l’**immanence**. 35 | ||
| + | |||
| + | L’unité propre de cette structure et ce qui la rend possible, l’**immanence** comme telle, c’est-à-dire encore l’« essence » de la transcendance, | ||
| + | |||
| + | La structure ontologique où s’accomplit la réunion de l’essence avec soi est celle de la réceptivité originaire par laquelle l’essence se reçoit elle-même dans l’**immanence**. 36 | ||
| + | |||
| + | Que l’**immanence** se réfère à la structure ontologique interne de l’essence elle-même comme ce qui la rend possible et constitue ainsi son essence, l’essence de l’essence, | ||
| + | |||
| + | Cette signification est perdue au contraire quand à la possibilité interne de l’essence et à la question de sa détermination se trouve substituée, | ||
| + | |||
| + | La présence du fondement dans ce qu’il rend possible, l’**immanence** de l’essence à ses déterminations, | ||
| + | |||
| + | La signification traditionnellement reconnue au concept de l’**immanence** de l’essence comme déterminant dans sa nature le rapport de l’essence et de ses modes recouvre l’impuissance de la pensée à saisir la signification essentielle conformément à laquelle un tel concept se réfère par nécessité à la structure ontologique interne de l’essence et au problème de la détermination de cette structure. 36 | ||
| + | |||
| + | Que peut valoir, en l’absence d’une telle détermination, | ||
| + | |||
| + | Avec l’**immanence** de l’essence dans la conscience naturelle – quand ce n’est pas celle, beaucoup plus vague et totalement indéterminée, | ||
| + | |||
| + | De quel résultat, en effet, peut-elle se prévaloir, qu’est-ce qui se trouve pensé par elle à titre de contenu effectif quand la possibilité de la connaissance n’est pas cherchée ailleurs que dans l’**immanence** de l’essence aux différents modes où cette connaissance s’accomplit, | ||
| + | |||
| + | Ce qui est visé, au moins confusément, | ||
| + | |||
| + | Celui-ci pour cette raison n’est pas absent des philosophies qui prétendent refuser toute signification ontologique à l’idée de l’**immanence** et se constituer indépendamment d’elle. 36 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** de l’essence au contenu effectif de l’expérience et, par exemple, du savoir réel au savoir naturel, atteste l’impossibilité pour la pensée d’oublier totalement ce qu’elle se cache sous un tel rapport, la révélation immanente où l’essence se donne originellement à elle-même dans l’action par laquelle elle se rend présente, par laquelle elle se rend susceptible d’agir. 36 | ||
| + | |||
| + | L’obscurité qui est celle, chez Hegel aussi bien que chez Heidegger, du statut du savoir naturel et de l’**immanence** en lui du savoir réel, appartient en réalité au concept inélaboré de cette **immanence** en tant que celui-ci ne désigne pas seulement, d’une manière explicite et dans l’évidence de son contenu, le rapport de l’essence à ses modes, mais encore, quoique de façon cachée, la structure propre de celle-ci, la structure interne du savoir réel et son fondement. 36 | ||
| + | |||
| + | L’essence immanente est celle de l’**immanence**. 36 | ||
| + | |||
| + | Que l’essence parvienne elle-même en soi, que son pouvoir, celui de parvenir dans la lumière de l’extériorité, | ||
| + | |||
| + | C’est seulement, en effet, sur le fond en lui de cette structure où l’essence se reçoit originairement elle-même dans l’**immanence** que l’être est susceptible de s’unir à lui-même et d’être ainsi ce qu’il est, que l’être est susceptible d’être. 36 | ||
| + | |||
| + | L’immédiat est l’être lui-même comme originairement donné à lui-même dans l’**immanence**. 36 | ||
| + | |||
| + | Parce que cette donation originaire de l’être à soi qui le constitue proprement ne s’accomplit ni par hasard ni par miracle, mais dans l’**immanence** et comme cette **immanence** même, le concept de l’immédiat ne demeure pas indéterminé, | ||
| + | |||
| + | La mise en évidence de l’immédiat comme constituant, | ||
| + | |||
| + | C’est par référence à la transcendance et par l’exclusion de celle-ci hors de sa structure interne que l’**immanence** a été définie. 37 | ||
| + | |||
| + | Que la structure la plus intérieure de l’être, c’est-à-dire l’être lui-même comme originairement donné à lui-même dans la passivité fondamentale de la non-liberté, | ||
| + | |||
| + | C’est une question d’abord de savoir si dans l’histoire de la pensée philosophique ce qui constitue à proprement parler la structure interne de l’**immanence** a jamais été véritablement compris, Dans la mesure toutefois où une telle structure a été pressentie ou, du moins, a semblé l’être, il est remarquable qu’elle a été interprétée le plus souvent, pour ne pas dire presque toujours, non pas comme constitutive précisément de l’essence et de la possibilité d’une révélation, | ||
| + | |||
| + | Et c’est ainsi que, au moment même où son idée se fait jour, l’**immanence** se trouve rejetée hors du domaine propre de l’ontologie pour recevoir au contraire, comme on l’a vu, la signification d’être une catégorie ontique. 38 | ||
| + | |||
| + | La pensée de l’**immanence** intervient en réalité sur un plan ontologique, | ||
| + | |||
| + | Celle-ci étant comprise cependant comme le pouvoir où la phénoménalité, | ||
| + | |||
| + | Et c’est ainsi que le concept de l’**immanence** se laisse paradoxalement appliquer à l’étant. 38 | ||
| + | |||
| + | Ainsi l’**immanence** signifie-t-elle premièrement la non-phénoménalité, | ||
| + | |||
| + | Ce qui est impliqué dans le contenu du concept de l’**immanence** tel qu’il se trouve déterminé sur un plan ontologique pur et d’une manière négative, dans son opposition à celui de la transcendance, | ||
| + | |||
| + | C’est pourquoi, dès qu’il est question de saisir celui-ci dans sa structure la plus intime et la plus essentielle, | ||
| + | |||
| + | Que le maintien de soi par l’être absolu signifie précisément la permanence et la persistance de celui-ci en lui-même, au sens de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Et c’est parce que l’amour est compris comme trouvant sa structure dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Et l’identité ici posée de l’être et de l’existence doit être comprise rigoureusement comme caractérisant en fait d’une façon positive la structure interne de l’existence elle-même, de telle manière qu’elle ne signifie plus, sur le fond de la compréhension de cette structure au contraire comme opposition et comme différence et de la simple affirmation de son **immanence** à l’être, l’extériorité de celui-ci, l’être hors de soi. 38 | ||
| + | |||
| + | En d’autres termes, la manifestation de l’existence immanente est contingente par rapport à celle-ci, elle s’ajoute à elle d’une manière synthétique, | ||
| + | |||
| + | Parce qu’elle n’a pas été reconnue et comprise comme celle de la révélation, | ||
| + | |||
| + | L’intervention de l’homme dont le sens est ainsi de réserver la possibilité d’une manifestation de l’être absolu lui-même, plus exactement, de laisser ouverte, à l’intérieur de la problématique, | ||
| + | |||
| + | Si la transcendance repose dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Que l’absolu, tel que le comprend justement Fichte comme une existence primitive dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Celle-ci, la réalité de l’absolu, c’est là précisément ce qu’il fallait comprendre, non pas seulement, et cela d’une manière déterminante sans doute, comme constituée dans sa structure interne par l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | La réalité phénoménologique de l’absolu n’est rien d’autre toutefois que son appartenance originaire à soi dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | C’est pourquoi, à y regarder de près, la compréhension de la structure interne de l’**immanence** comme révélation ne saurait s’ajouter à la simple compréhension de cette structure, elle lui est identique. 38 | ||
| + | |||
| + | Une telle compréhension qui est identiquement celle de la structure interne de l’**immanence** et de l’essence originaire de la révélation, | ||
| + | |||
| + | Parce que, dans l’accomplissement de l’œuvre intérieure par laquelle il se réalise, et conformément à la structure interne qui le détermine en son essence comme l’unité, l’absolu « demeure en lui-même », il se laisse comprendre sans équivoque comme **immanence**. 39 | ||
| + | |||
| + | La compréhension de la structure interne de l’**immanence** comme celle de la révélation, | ||
| + | |||
| + | Mais cette manifestation dans l’âme de l’essence est le fait de celle-ci : l’est l’essence en réalité qui se manifeste à elle-même, de telle manière que l’union de l’âme avec Dieu n’exprime rien d’autre que l’unité interne de l’essence elle-même et ne devient effective dans la manifestation que pour autant que cette unité se trouve être comme telle constitutive d’une manifestation, | ||
| + | |||
| + | L’élaboration de l’**immanence** dans sa structure interne a rendu manifeste en elle la fin d’un pouvoir. 41 | ||
| + | |||
| + | A la lumière de l’idée de cette fin, l’**immanence** se laisse comprendre comme essentiellement affectée par quelque chose comme une impuissance, | ||
| + | |||
| + | La détermination ontologique structurelle de l’**immanence** fournit son fondement transcendantal au concept de situation qui, comme tel, comme essentiellement déterminé par ce qui dans l’être constitue sa structure interne et son fondement, est, en ce sens ultime et « fondamental », un concept ontologique. 41 | ||
| + | |||
| + | La prétention d’assigner une origine transcendantale au concept de situation dans sa détermination à partir de la structure interne de l’élément ontologique pur présuppose la constitution de cette structure comme **immanence** et sa mise à découvert par la problématique. 41 | ||
| + | |||
| + | Le travail de celle-ci permet seul en fin de compte que soient reliés dans l’unité originaire et fondamentale de l’essence, | ||
| + | |||
| + | Ou plus exactement, si l’insurmontabilité est comme telle l’impossibilité de prendre un point de vue, elle n’advient à celui-ci comme son caractère le plus propre que pour autant qu’il se montre lui-même capable de manifester en lui une telle impossibilité, | ||
| + | |||
| + | Les structures ontologiques ultimes qui donnent sa forme et son sens à la représentation habituelle des caractères de l’être-en-situation se découvrent alors avec évidence à la problématique : comme représentation dans l’extériorité de l’espace de ce qui la nie, elle est celle, par la conscience naïve, de l’**immanence**. 41 | ||
| + | |||
| + | La détermination ontologique originaire de l’essence de la situation comme **immanence** renvoie inévitablement l’analyse à une considération d’ordre historique. 41 | ||
| + | |||
| + | Pour cette raison la « Nichtigkeit »se révèle identique à la « Geworfenheit » et la fonde, parce quel’**immanence** porte en elle comme sa structure même l’essence de la situation. 42 | ||
| + | |||
| + | Parce que la positivité ontologique de la Nichtigkeit réside dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | L’indépendance de ce qui se découvre dans l’ekstase du passé relativement à cette découverte telle qu’elle s’accomplit dans la temporalisation originelle de la temporalité, | ||
| + | |||
| + | Pour cette raison le contenu d’une telle découverte se révèle originellement située indépendamment de cette découverte elle-même, parce que sa structure est comme **immanence** celle de la situation. 43 | ||
| + | |||
| + | Qu’un tel lien soit inessentiel et que la signification explicite des propositions qui l’énoncent doive en fait être renversée, résulte de ce que l’ekstase du passé crée seulement l’horizon de celui-ci et, par suite, le mode, pour autant qu’il s’accomplit temporellement, | ||
| + | |||
| + | Que la structure interne de la situation réside originairement dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Une telle proposition, | ||
| + | |||
| + | On trouve, à vrai dire, dans la Phénoménologie de la Perception quelque chose comme le pressentiment d’une philosophie de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | L’essence de la transcendance réside dans l’**immanence**. 45 | ||
| + | |||
| + | Comment la dissimulation trouve-t-elle sa raison dans la positivité de l’essence et lui est-elle identique ? Qu’est-ce qui fait, dans la structure interne de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Que cette conscience devienne plus aiguë et s’exaspère lorsqu’elle assiste impuissante, | ||
| + | |||
| + | L’être-caché caractérise l’essence et lui appartient en vertu de sa structure interne, affecte essentiellement celle-ci, à savoir précisément l’**immanence** comme telle. 45 | ||
| + | |||
| + | Mais l’**immanence** constitue la nature la plus intérieure de l’absolu, l’absolu lui-même, son essence. 45 | ||
| + | |||
| + | Car cet être-caché est un nom de l’**immanence** et son concept concerne, par suite, l’ensemble des caractères qui constituent celle-ci et lui appartiennent. 45 | ||
| + | |||
| + | Si, par exemple, « la Geworfenheit… demeure cachée », si « cet état caché n’est pas… un simple non-savoir mais constitue la facticité du Dasein », c’est que l’être de celui-ci réside positivement dans l’**immanence** et se trouve comme tel situé et, en même temps, dans cet état où il se dissimule, lui et ce qui constitue le caractère insurmontable de sa situation originelle. 45 | ||
| + | |||
| + | Mais l’**immanence** ne fonde pas seulement, chaque fois, une situation, elle est l’essence de la vie. 45 | ||
| + | |||
| + | Voilà pourquoi et comment l’oubli est le fait de la pensée, pourquoi et comment il est l’oubli de l’essence : parce que la pensée se dirige vers l’extériorité hors de laquelle se retient, en raison de sa structure même, l’essence originelle de la présence pure, l’**immanence**. 45 | ||
| + | |||
| + | Parce que la pensée se dirige vers l’extériorité hors de laquelle se retient, en raison de sa structure même, l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Parce que le Re-mémorial de l’être s’accomplit dans la pensée et vise à travers elle son objet, il répète en réalité, à l’égard de l’**immanence** originelle, l’oubli de la conscience naïve et le porte à l’absolu. 45 | ||
| + | |||
| + | Mais, — abstraction faite des difficultés relatives à la question de savoir comment le sujet connaissant peut sortir de sa sphère intérieure et, « en risquant le saut », parvenir jusqu’à une sphère « autre et extérieure », jusqu’à l’objet — « sur ce que signifie positivement l’intérieur de l’**immanence** dans laquelle la connaissance est tout d’abord enfermée et sur la manière dont le caractère d’être de cet « être-à-l’intérieur » de la connaissance se fonde dans le mode d’être du sujet, règne le silence ». 45 | ||
| + | |||
| + | Ainsi se trouve rejeté par la pensée, conformément au telos qui l’anime et détermine structurellement la direction de sa visée, le concept même de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Il n’y a pas de sphère de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Au moment de la négation de l’**immanence** par la conscience philosophique préexiste celui de son affirmation immédiate dans la vie. 45 | ||
| + | |||
| + | De quelque façon que celle-ci se figure cette **immanence**, | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** n’est rien, de telle manière cependant que ce rien devient insensiblement quelque chose et, en fin de compte, le nom d’une essence. 45 | ||
| + | |||
| + | Ainsi voit-on, après qu’elle a été niée comme une fiction d’ailleurs inexpliquée, | ||
| + | |||
| + | Cette saisie de soi de la vision dans la conscience comme saisie par soi de celle-ci, ce quelque chose d’ « essentiel » qui donne au pseudo-concept de l’**immanence** un contenu singulièrement positif, ne demeure pas toutefois, contrairement à ce que la problématique avait tout d’abord affirmé dans un premier temps de son analyse, totalement indéterminé, | ||
| + | |||
| + | Qu’il en soit ainsi cependant, c’est là maintenant l’affirmation de la pensée de l’objet, l’autonégation de la négation de l’**immanence**. « 45 | ||
| + | |||
| + | La définition de l’existence comme échappement à soi implique ce qu’elle nie, l’**immanence** est sa présupposition consciente. 45 | ||
| + | |||
| + | Parce que cette possibilité réside ultimement dans l’**immanence** originelle de la vie transcendantale, | ||
| + | |||
| + | La détermination phénoménologique positive de l’**immanence** explique le statut de l’existence à l’intérieur de la philosophie qui prend celle-ci pour thème et son « obscurité », l’obscurité de l’existence elle-même. 45 | ||
| + | |||
| + | C’est l’**immanence** du corps originel qui fait de lui ce « savoir latent » et le détermine phénoménologiquement, | ||
| + | |||
| + | Le pressentiment de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Le concept traditionnel de l’esprit ne peut se comprendre qu’à partir de celui de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Ainsi s’expliquent, | ||
| + | |||
| + | Par un tel caractère, en effet, la réflexion traditionnelle ou contemporaine se rattache à l’essence et, si elle ne parvient pas à la détermination ontologique positive de sa structure interne comme **immanence**, | ||
| + | |||
| + | Pareille étrangeté détermine ce qu’il y a « d’historique » en Jésus et cette historicité du fait primitif du christianisme ne signifie rien d’autre à son tour que la définition de son essence comme **immanence**. 46 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** de la transcendance, | ||
| + | |||
| + | Aucun horizon de lumière, pas même la possibilité ou l’esquisse de celui-ci ne se lève en ce qui cohère avec soi dans l’unité absolue de son **immanence** radicale. 50 | ||
| + | |||
| + | Conformément à celle-ci, l’invisible n’est rien d’« obscur » au sens de ce qui demeure en soi-même étranger à l’élément de la révélation, | ||
| + | |||
| + | L’invisible ne rend pas seulement possible l’**immanence** de l’essence, | ||
| + | |||
| + | Déterminant l’essence de l’**immanence** et la constituant, | ||
| + | |||
| + | C’est par là que la nuit accomplit l’œuvre de la révélation, | ||
| + | |||
| + | Car l’invisible n’est rien qui soit au-delà du visible, rien de « transcendant », il est l’essence originelle de la vie telle que, s’accomplissant dans une sphère d’**immanence** radicale, elle ne se lève jamais dans la transcendance et ne peut non plus se montrer en elle. 51 | ||
| + | |||
| + | Parce que, s’accomplissant dans une sphère d’**immanence** radicale, l’essence originelle de la vie ne se lève jamais dans la transcendance et ne peut non plus se montrer en elle, rien de transcendant précisément, | ||
| + | |||
| + | La structure de l’auto-affection a été expliquée et comprise comme **immanence**. 52 | ||
| + | |||
| + | L’affectivité est l’essence de l’auto-affection, | ||
| + | |||
| + | L’identité de l’affectant et de l’affecté est l’affectivité et, comme telle seulement, comme auto-affection de l’essence dans son **immanence** radicale, son Soi, le Soi de l’essence, | ||
| + | |||
| + | La structure interne de l’**immanence** a été comprise finalement et décrite comme la passivité de l’être à l’égard de soi, comme passivité ontologique originaire. 53 | ||
| + | |||
| + | Pas plus que l’**immanence** toutefois, la structure ultime qui l’explicite et où elle trouve la concrétion de son être-possible, | ||
| + | |||
| + | Ainsi s’opère, dans l’**immanence** du sentiment, son dépassement, | ||
| + | |||
| + | Avec la passivité originelle de l’être à l’égard de soi telle qu’elle se réalise dans le souffrir s’accomplit, | ||
| + | |||
| + | L’affectivité où l’**immanence** est saisie non plus dans l’idéalité de sa structure mais dans son effectuation phénoménologique concrète, où l’invisible se révèle dans l’effectivité de sa phénoménalité, | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** cependant est la condition de la transcendance, | ||
| + | |||
| + | Comment cependant l’affectivité est-elle comprenante, | ||
| + | |||
| + | Une telle prescription d’ordre éidétique a, en ce qui concerne la sensation, la signification de définir le lieu où elle se donne à sentir et est éprouvée comme constituant précisément sa réalité, comme le s’éprouver soi-même de la vie dans l’**immanence** absolue de son affectivité. 56 | ||
| + | |||
| + | Encore celle-ci ne concerne-t-elle pas l’auto-affection elle-même et ne vise-t-elle même plus à la fonder, elle « fournit la matière de la conscience mais ne suffit pas à la constituer elle-même » : la sensation au lieu de porter en elle, comme sensation vivante et dans son **immanence** originelle, la possibilité de l’être-donné, | ||
| + | |||
| + | Telle est l’absurdité qui domine pourtant l’histoire de la philosophie de l’affectivité, | ||
| + | |||
| + | Ainsi se trouvent écartées non seulement la conception classique d’un contenu par principe hétérogène à la forme et comme tel non ontologique, | ||
| + | |||
| + | En cela consiste précisément l’affectivité, | ||
| + | |||
| + | L’amour signifie une détermination de l’action à partir de la structure interne de l’essence comprise dans son **immanence** radicale et dans ce qu’elle est originellement pour elle-même, comme auto-affection et comme affectivité. 58 | ||
| + | |||
| + | Il est remarquable à cet égard que, pour opposer la vérité telle qu’il la comprend à ce qui fait le caractère douloureux de la douleur, à son affectivité, | ||
| + | |||
| + | Le comment de la révélation de l’affectivité désigne en premier lieu la structure interne du pouvoir qui accomplit cette révélation, | ||
| + | |||
| + | Une telle modification est la suivante : à la joie se substitue, là où elle déployait son être toutefois, dans la sphère d’**immanence** radicale de l’invisible, | ||
| + | |||
| + | L’interprétation ontologique fondamentale de l’affectivité comme **immanence** a été donnée par la problématique. 66 | ||
| + | |||
| + | Conformément à cette interprétation, | ||
| + | |||
| + | Que l’ensemble des déterminations qui se réfèrent à la transcendance se trouvent exclues de l’être réel et propre du sentiment, c’est là ce qui fait de celui-ci un contenu immanent au sens radical défini par la problématique, | ||
| + | |||
| + | La détermination ontologique fondamentale du sentiment comme contenu immanent et, réciproquement, | ||
| + | |||
| + | Ici encore la confusion faite par Scheler entre l’être originel, entre l’être affectif du sentiment vital et le milieu ontologique qui sert de substrat à sa constitution, | ||
| + | |||
| + | Bien entendu, la différence qui existe entre nos divers sentiments ne trouve en aucune façon son principe dans celui de leur constitution possible, c’est, avant d’être représentée, | ||
| + | |||
| + | Parce qu’elle apparaît et se réalise dans la sphère d’**immanence** radicale de l’affectivité, | ||
| + | |||
| + | Comment une telle détermination des sentiments superficiels par les sentiments « profonds », détermination qui présuppose non l’extériorité réelle des niveaux affectifs mais la co-appartenance de tous les sentiments à une même dimension de l’existence, | ||
| + | |||
| + | Ainsi est confirmée, avec la prise en considération du caractère spécifique et chaque fois différent de la relation que les différents sentiments entretiennent avec le Je, la théorie de la pluralité des niveaux affectifs, de telle manière que ceux-ci désignent des degrés divers d’éloignement par rapport au moi véritable de l’expérience intérieure, | ||
| + | |||
| + | Mais la douleur, aussi longtemps qu’elle est là, n’est pas là devant nous, ce qui la détermine existentiellement est ce qui la détermine ontologiquement, | ||
| + | |||
| + | Que signifie cependant une telle loi, que veut dire pour un sentiment visé et atteint dans la perception ou l’intuition affective, « n’être pas réellement éprouvé » par la conscience ? Quand donc un sentiment est-il réel et qu’est-ce qu’un sentiment qui ne l’est pas ? Ici doit être rappelée la distinction fondamentale instituée par la problématique, | ||
| + | |||
| + | Cela veut dire : le sentiment est **immanence** radicale, est affectivité. 67 | ||
| + | |||
| + | La réalité de la souffrance est, dans l’autre, son affectivité, | ||
| + | |||
| + | Mais la douleur réellement vécue par moi ou la honte réelle n’est donnée qu’en elle-même, dans son affectivité, | ||
| + | |||
| + | Ici encore la distinction ontologique rigoureuse de l’affectivité réelle et de l’affectivité irréelle permet seule à l’analyse de nos sentiments de ne pas se perdre dans des oppositions qui n’en sont pas, de ne pas prendre l’accidentel pour l’essentiel et de saisir précisément la nature de celui-ci, la réalité du sentiment constitutive de son affectivité, | ||
| + | |||
| + | La détermination ontologique de l’**immanence** radicale du sentiment rend possible une élaboration systématique du problème de l’action considérée dans son fondement, c’est-à-dire précisément dans sa relation à l’affectivité elle-même comme telle. 68 | ||
| + | |||
| + | Ici parvient à nouveau dans l’évidence la nature de la relation originelle qui unit l’affectivité et l’action, comme relation s’accomplissant, | ||
| + | |||
| + | La reconnaissance de la détermination immédiate de l’action par l’affectivité demeure cependant équivoque chez Scheler, et cela parce qu’elle ne peut recevoir sa pleine signification qu’à la lumière de l’interprétation ontologique fondamentale de l’affectivité comme **immanence**, | ||
| + | |||
| + | La relation extrinsèque de l’affectivité à ces valeurs, sa prétendue transcendance, | ||
| + | |||
| + | Bien plus, l’« idéal » vers lequel ce projet est orienté, le contenu dont il poursuit la réalisation et qui sert d’étalon à celle-ci trouve lui aussi, de l’aveu même de Scheler, son origine dans l’**immanence** absolue de la vie affective. 68 | ||
| + | |||
| + | L’impuissance de l’action à l’égard de l’affectivité ne résulte pas seulement de l’**immanence** en elle de celle-ci, de l’**immanence** du sentiment, elle confirme encore la problématique dans ses thèses fondamentales. 69 | ||
| + | |||
| + | C’est là, en effet, ce que signifie l’**immanence** du sentiment, l’impossibilité principielle où il se trouve de se présenter comme un contenu transcendant. 69 | ||
| + | |||
| + | Ainsi se trouve incluse a priori dans la détermination ontologique de l’essence de l’affectivité comme **immanence** et dans l’interprétation de celle-ci comme constitutive de la réalité, l’impossibilité principielle d’agir sur le sentiment, et cela en un double sens, comme impossibilité de le produire et, de la même manière, de le modifier ou de le détruire. 69 | ||
| + | |||
| + | Que l’impossibilité d’agir sur le sentiment résulte de son appartenance intérieure au moi et de sa profondeur, que, bien plus, elle soit proportionnelle à celle-ci, cela veut dire, de toute évidence, elle résulte de son **immanence**, | ||
| + | |||
| + | La structure interne de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Car, dans l’unité de son **immanence** radicale, en l’absence de tout dépassement, | ||
| + | |||
| + | L’histoire originelle est le devenir immanent des tonalités subjectives de l’existence, | ||
| + | |||
| + | Avec le devenir de la souffrance et sa transformation intérieure dans la joie se révèle à nous un concept nouveau et, à vrai dire, essentiel de la dialectique, | ||
| + | |||
| + | Que le mouvement de nos tonalités s’accomplisse dans l’**immanence** ne détermine pas seulement, en effet, son milieu dans son hétérogénéité ontologique à celui de l’opposition par exemple, détermine et désigne la structure de ce milieu, la structure interne de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | L’antinomie est une loi du monde spirituel invisible et se produit en lui, se produit où se produisent les déterminations qualitatives de l’existence affective et ses tonalités, comme leur rapport précisément, | ||
| + | |||
| + | Parce qu’elle s’accomplit à l’intérieur de la sphère d’**immanence** radicale de la subjectivité absolue et n’est possible qu’à partir d’elle et de sa structure, la relation des tonalités ne peut être comprise au contraire, saisie dans son intériorité dialectique, | ||
| + | |||
| + | C’est dans la structure de l’être lui-même au contraire, dans la structure interne de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Derrière lui », « à son insu », cela veut dire, dans cette sphère d’**immanence** radicale qu’on ne se représente jamais, en lui, dans son moi. 70 | ||
| + | |||
| + | C’est de cette façon que le désespoir se rapporte au moi, ontologiquement d’abord, en tant qu’il prend naissance en lui, dans la souffrance de son souffrir, dans la structure interne de l’ipséité comme telle, c’est-à-dire aussi bien de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Se débarrasser de son moi, rompre le lien qui l’attache à lui-même, c’est justement là, toutefois, ce dont le moi est incapable si l’irrémissibilité de ce lien, le caractère insurmontable de la relation à soi du moi dans sa passivité absolue à l’égard de soi, si l’impossibilité pour lui de se dépasser de quelque façon que ce soit, de se séparer de soi, d’échapper à soi, bref si la structure interne de l’**immanence** constitue, comme la problématique l’a montré, son essence même. 70 | ||
| + | |||
| + | Le désespoir est une expérience parce que son effort pour se séparer de soi reste près de soi et le demeure par principe, parce qu’il se produit dans une sphère d’**immanence** radicale où le moi du désespoir ne peut précisément ni se séparer de soi ni se détruire. « 70 | ||
| + | |||
| + | Mais ce lien ne peut être délié, la relation à soi du moi dans sa passivité ontologique originelle à l’égard de soi, son unité avec soi comme unité absolue dans une sphère d’**immanence** radicale, comme unité avec soi de la vie, ne se laisse ni surmonter ni briser. 70 | ||
| + | |||
| + | La structure interne de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Pour qu’on meure de désespoir, dit-il encore, il faudrait que ce qu’il y a d’éternel en nous puisse mourir, que la structure interne de l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | Quelque chose, toutefois, n’entre pas dans le jeu et c’est là proprement ce que Kierkegaard appelle le sérieux : l’être du vouloir ne pas être soi, du vouloir se défaire de soi, en tant que cet être, donné à lui-même dans l’unité absolue de son **immanence** radicale, éternellement donné à lui-même dans l’ipséité de son être-soi, ne peut précisément se défaire de soi, ni cesser d’être ce Soi qu’il est. 70 | ||
| + | |||
| + | En tant que le désespoir trouve sa condition dans la structure interne de l’**immanence** et prend naissance en elle, dans la souffrance du souffrir, dans la souffrance et dans la jouissance de soi de l’être absolu, il se dialectise, entre dans l’histoire et devient son contraire. 70 | ||
| + | |||
| + | Totalité, réalité, c’étaient là les déterminations ontologiques structurelles comprises par la problématique comme celles de la révélation qui trouve sa structure interne dans l’**immanence**, | ||
| + | |||
| + | L’affectivité révèle l’absolu dans sa totalité parce qu’elle n’est rien d’autre que son adhérence parfaite à soi, que sa coïncidence avec soi, parce qu’elle est l’auto-affection de l’être dans l’unité absolue de son **immanence** radicale. 70 | ||
| + | |||
| + | Dans l’unité absolue de son **immanence** radicale l’être s’affecte lui-même et s’éprouve de telle manière qu’il n’y a rien en lui qui ne l’affecte et ne soit éprouvé par lui, aucun contenu transcendant à l’expérience intérieure de soi qui le constitue. 70 | ||
| + | |||
| + | La détermination ontologique structurelle et fondamentale de l’essence originaire de la révélation comme **immanence** et comme affectivité rend seule possible le développement cohérent et assuré de lui-même d’une problématique visant l’être de la subjectivité absolue ainsi que les questions essentielles qui lui sont liées, le développement d’une phénoménologie et d’une philosophie phénoménologique de l’expérience vécue, de l’ego, de la connaissance de soi, de la vie intérieure et de la temporalité qui lui appartient en propre, de la structure de l’expérience en général et de ses formes essentielles. 70 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** essentielle de la négativité à l’être (l’extériorité de l’être n’est qu’une conséquence de l’**immanence** en lui de la négativité) constitue le motif ontologique et, par suite, le sens profond de la critique dirigée par Hegel contre le formalisme. 72 | ||
| + | |||
| + | En fait, c’est à la lumière de l’interprétation ontologique de la dialectique qu’il convient de comprendre l’identité d’essence du sujet et de l’objet ou, comme le dit souvent Hegel, l’**immanence** du Soi dans le contenu. 72 | ||
| + | |||
| + | Mais l’**immanence** de l’universel dans la détermination demeure une affirmation purement spéculative aussi longtemps qu’elle n’est pas vécue. 74 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** de l’infini dans la détermination ne peut recevoir une signification positive que si elle se réfère à une présence phénoménologique du Concept. 74 | ||
| + | |||
| + | L’**immanence** du Concept au sein de la détermination transcendante a une signification ambiguë. 76 | ||
| + | |||
| + | Ce qui fait que l’esprit ne s’en tient pas à sa connaissance présente, c’est justement l’**immanence** du Concept à celle-ci. 77 | ||
| + | |||
| + | C’est dans l’**immanence** radicale de la sphère de la subjectivité absolue que cette passivité trouve son fondement. 77 | ||
| + | |||
| + | Cependant, la découverte de cette sphère d’**immanence** radicale, comme ultime fondement de toute présence possible, exige un dépassement décisif de la problématique hégélienne du phénomène et de toute philosophie moniste de la manifestation en général. 77 | ||
| + | |||
| + | Mais la nécessaire référence de l’être objectif à la certitude subjective ne signifie rien d’autre que l’**immanence** de l’entité transcendante dans le milieu universel de l’être avec lequel la conscience est en fait identifiée. 77 | ||
| + | |||
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