estudos:henry:henry-1963-fenomeno
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| + | ====== fenômeno (1963) ====== | ||
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| + | Ce qui permet à tout être de se manifester, de devenir « **phénomène** », c’est le milieu de visibilité où il peut surgir à titre de présence effective. 3 | ||
| + | |||
| + | L’explicitation phénoménologique de l’ego transcendantal, | ||
| + | |||
| + | Le problème de l’être de l’ego est le même que celui de savoir comment l’ego peut accéder au rang de « **phénomène** ». 5 | ||
| + | |||
| + | L’insertion nécessaire de la phénoménologie de l’ego à l’intérieur du contexte constitué par l’ontologie universelle ne peut être mise en cause que si c’est seulement à partir d’une élucidation du **phénomène** central de l’ego que l’ontologie peut acquérir sa dimension fondamentale. 7 | ||
| + | |||
| + | Comment l’ego peut-il devenir un « **phénomène** » ? N’est-ce pas à la condition de se soumettre à un horizon de visibilité dans et par lequel toute chose peut devenir « visible » ? La puissance qui déploie un tel horizon, la transcendance, | ||
| + | |||
| + | Ce qu’elles veulent finalement mettre en lumière, c’est que, bien qu’il soit lui-même ce qui réalise la condition de possibilité de tout **phénomène** en général, le mode selon lequel l’ego devient un **phénomène** est quelque chose de si fondamental qu’il ne peut être soumis à aucune condition. 7 | ||
| + | |||
| + | Qu’est-ce qui peut, en effet, réclamer pour soi, et cela d’une façon impérative et urgente, un mode de présentation explicite et le titre de « **phénomène** », sinon ce qui ne se montre pas tout d’abord mais demeure le plus souvent caché, à savoir l’être lui-même, l’objet de l’ontologie ? La philosophie est alors dans l’embarras. 7 | ||
| + | |||
| + | Mais l’être peut-il jamais devenir véritablement et en lui-même un « **phénomène** » ? Bien des équivoques seront. 7 | ||
| + | |||
| + | Ce qui, dans un **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Or l’être, la condition de possibilité de toute manifestation en général, ne peut devenir un « **phénomène** » si l’on entend par là le contenu singulier d’une manifestation déterminée. 7 | ||
| + | |||
| + | Que peut alors signifier le projet d’une ontologie phénoménologique ? Que veut-on dire exactement lorsqu’on déclare que l’être doit pouvoir « devenir un **phénomène** » ? La question de la réalité du fondement est-elle liée à celle de la possibilité pour l’être de devenir un **phénomène** ? Ne devons-nous pas reconnaître, | ||
| + | |||
| + | A cette non-vérité, | ||
| + | |||
| + | Que le fondement soit, en fait, de part en part « **phénomène** », qu’il soit la vérité, et cela en un sens ultime et originaire, c’est ce qui ne pourra être compris que lorsqu’une élucidation radicale du concept de **phénomène** aura guidé la problématique jusqu’à l’idée d’une révélation qui ne doit rien à l’œuvre de la transcendance. 7 | ||
| + | |||
| + | L’élucidation du concept de **phénomène** sera la première tâche des présentes recherches. 7 | ||
| + | |||
| + | Son résultat sera de faire comprendre que la détermination du « **phénomène** » comme quelque chose qui se montre dans l’horizon de lumière à l’intérieur duquel toute chose peut devenir visible en elle-même, reste en fait unilatérale. 7 | ||
| + | |||
| + | C’est sur une base nouvelle que s’élèvera la philosophie lorsqu’elle sera capable de circonscrire un « **phénomène** » absolument original en ceci que le mode même conformément auquel il se révèle est irréductible au « comment » de la manifestation des phénomènes transcendants. 7 | ||
| + | |||
| + | Ce **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Elle est elle-même, toutefois, un **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Le fait que le fondement soit un « **phénomène** » au sens d’une « révélation », est ce qui confère à ce fondement sa réalité en lui donnant le moment de la présence. 7 | ||
| + | |||
| + | Si le fondement est lui-même un **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Le fondement n’est pas quelque chose d’obscur, il n’est ni la lumière, qui ne devient perceptible que sur la chose qui brille en elle, ni la chose elle-même, en tant que « **phénomène** transcendant », mais une révélation immanente qui est une présence à soi-même, quoiqu’une telle présence demeure « invisible ». 7 | ||
| + | |||
| + | Le mode de traitement phénoménologique que l’ontologie veut à juste titre appliquer au problème du fondement demeure en fait totalement indéterminé tant que la signification du concept de **phénomène** n’a pas été fixée d’une façon décisive. 7 | ||
| + | |||
| + | Bien plus, ce mode de traitement se montre essentiellement dangereux aussi longtemps que la problématique continue à progresser à la lumière d’une conception unilatérale du « **phénomène** ». 7 | ||
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| + | La signification ultime de la phénoménologie tient en ceci qu’elle est finalement la découverte d’un « **phénomène** » qui est le fondement lui-même. 7 | ||
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| + | Or, si le mode selon lequel s’accomplit la manifestation d’un **phénomène** quelconque est toujours transcendant par rapport au contenu matériel de ce **phénomène**, | ||
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| + | Celle-ci doit être centrée sur l’idée de **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Mais le **phénomène** de la connaissance renvoie toujours et dans tous les cas à un donné, à une apparence qui joue le rôle d’ultime fondement et qu’il s’agit seulement de comprendre dans son sens propre et de situer sur le plan d’être qui est le sien. 8 | ||
| + | |||
| + | Mais une telle pensée demeure au niveau d’une interprétation naïve et en quelque sorte pré-critique de la phénoménologie, | ||
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| + | Qu’est-ce donc, en effets qui rend possibles des phénomènes au sens du positivisme, | ||
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| + | Son objet n’est pas l’ensemble des phénomènes, | ||
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| + | La réalité qu’elle dégage comme un fondement irréductible, | ||
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| + | La condition est l’essence du **phénomène**, | ||
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| + | Elle est l’élément formel, proprement ontologique, | ||
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| + | En tant qu’elle s’attache à l’essence du **phénomène**, | ||
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| + | Tandis que l’erreur ou, plus exactement, l’illusion est, du moins pour le positivisme phénoménologique, | ||
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| + | La phénoménologie est la science de l’essence du **phénomène**. 8 | ||
| + | |||
| + | C’est parce qu’il comprend l’être comme l’essence du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Mais si une telle question ne peut recevoir sa réponse que lorsqu’aura été tirée au clair l’essence du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Cet objet, c’est l’essence du **phénomène** et la phénoménologie n’est rien d’autre que la mise en œuvre de cette essence en tant que, sur le fondement de celle-ci, elle vise une « élucidation », c’est-à-dire une promotion et une réalisation dans la présence. 8 | ||
| + | |||
| + | La phénoménologie est ce qui nous donne accès au **phénomène** compris dans sa réalité, c’est-à-dire au **phénomène** en tant que tel. 8 | ||
| + | |||
| + | Mais la voie d’accès au **phénomène** est le **phénomène** lui-même. 8 | ||
| + | |||
| + | En tant qu’elle est l’application de la méthode phénoménologique au problème de l’essence du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Comment la phénoménologie peut-elle entrer en rapport avec l’essence, | ||
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| + | Le problème de l’essence du **phénomène** est premier par rapport à celui de l’élucidation. 8 | ||
| + | |||
| + | Mais comment faut-il comprendre cet œil qui est l’absolu lui-même ? Quelle est la nature de la vision ? Quelle est l’essence du **phénomène** ? A cette question demeurent suspendus tous les problèmes, déjà formulés ou seulement entrevus, qui se rapportent à la phénoménologie première. 8 | ||
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| + | La tâche d’une détermination de l’essence du **phénomène** apparaît ainsi comme la tâche centrale de la phénoménologie, | ||
| + | |||
| + | L’élucidation de l’essence du **phénomène** montrera que, lorsque cette essence a enfin fait le thème d’une problématique explicite, celle-ci n’a fait que ratifier, en les portant à l’absolu, les présuppositions ontologiques qui ont, depuis l’origine et d’une façon presque ininterrompue, | ||
| + | |||
| + | Il n’y a là toutefois, dans la pensée de l’auteur, nulle restriction apportée à la signification universelle et éidétique de la condition ainsi définie, celle-ci ne se limite nullement au seul **phénomène** de la connaissance, | ||
| + | |||
| + | Ce qui est finalement visé, malgré les imperfections et les imprécisions de l’analyse, | ||
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| + | En tant qu’elle est pensée comme la condition du **phénomène** comme tel, c’est-à-dire identifiée avec son essence, la distance en question mérite d’être appelée par nous « distance phénoménologique ». 9 | ||
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| + | Compris dans sa signification ontologique comme la condition pour que quelque chose comme un « **phénomène** » s’offre à nous, ou, plus exactement, comme la structure même de la phénoménalité, | ||
| + | |||
| + | Cette spatialité originaire est le **phénomène** du monde, le **phénomène** de tous les phénomènes, | ||
| + | |||
| + | Le monde, entendu dans sa mondanité pure, est justement cette visibilité elle-même à laquelle toute chose emprunte la possibilité de se manifester et d’être ainsi un « **phénomène** ». 9 | ||
| + | |||
| + | L’essence du **phénomène** est l’éloignement lui-même en tant qu’éloignement transcendantal. 9 | ||
| + | |||
| + | Proximité et éloignement sont des titres équivalents pour l’essence du **phénomène** considérée dans sa pureté ; pris ensemble ils signifient que l’essence de la présence recèle en quelque sorte une antinomie interne, mais celle-ci est justement ce qui confère à l’essence son pouvoir ontologique propre. 9 | ||
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| + | Que je ne vois plus rien, c’est là un fait positif, un « **phénomène** ». 9 | ||
| + | |||
| + | Le concept non élaboré de distance n’est encore que la façon dont la conscience naturelle et pré-philosophique se représente la condition du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Il s’agit en fait de circonscrire l’essence du **phénomène** et si la pensée philosophique traditionnelle s’est montrée incapable de situer et de maintenir sa problématique sur un plan ontologique, | ||
| + | |||
| + | L’être n’est un **phénomène** que s’il est à distance de soi. 10 | ||
| + | |||
| + | A une telle condition est soumis, par conséquent, | ||
| + | |||
| + | La suppression de l’aliénation ne saurait, en effet, être quelque chose et, comme telle, un **phénomène** positif auquel pourrait alors se référer le discours qui l’énonce, | ||
| + | |||
| + | Ces conditions, toutefois, ne se réalisent justement que dans le **phénomène** originaire et pur de l’aliénation. 10 | ||
| + | |||
| + | Et cela ne signifie pas que, dans cette suppression, | ||
| + | |||
| + | L’aliénation est bien plutôt posée et maintenue dans une telle suppression comme le **phénomène** ontologique originaire qui la fonde et la rend possible. 10 | ||
| + | |||
| + | Que peut signifier la suppression de l’aliénation si elle ne concerne pas le **phénomène** ontologique qui a été pensé sous ce titre ? Que faut-il entendre par l’unité de l’autre et du même si l’altérité subsiste, et cela comme la condition même de cette unité ? Celle-ci est posée comme ce qui relie les termes séparés, mais le lien qu’elle institue n’a rien à voir avec un quelconque processus d’ordre ontique. 10 | ||
| + | |||
| + | Les présuppositions ontologiques qui ont été exposées et pensées comme la condition de la phénoménalité et comme constituant à ce titre l’essence du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Avant de déchoir, en effet, au rang d’un étant simplement privilégié, | ||
| + | |||
| + | Toutes ces conditions, qui n’en sont qu’une, se réfèrent en fait, comme autant de titres divers mais équivalents, | ||
| + | |||
| + | Les grands phénomènes humains (par exemple la naissance et le développement de la mythologie) ou divins (par exemple la création) y sont en fait interprétés en fonction de la nécessité d’un avènement de la conscience, avènement qui est toujours pensé, à partir du **phénomène** ontologique central de l’aliénation, | ||
| + | |||
| + | Ce n’est pas seulement chez les postkantiens, | ||
| + | |||
| + | La représentation de l’étant est au contraire son surgissement dans la lumière, elle opère et traduit son accession au rang de « **phénomène** », elle est la vérité comprise en un sens ontologique. 11 | ||
| + | |||
| + | L’objet ne peut justement devenir ce qu’il est pour nous, c’est-à-dire un **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Le sujet désigne l’événement ontologique qui fait accéder l’étant à la condition d’objet, c’est-à-dire de **phénomène** pour nous. 11 | ||
| + | |||
| + | Faire accéder l’étant au rang de **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Le **phénomène** du monde… appartient, comme moment structural essentiel de l’être-dans-le-monde, | ||
| + | |||
| + | La représentation trouve son fondement dans le **phénomène** ontologique de l’aliénation qui ouvre l’horizon transcendantal de l’être, c’est-à-dire finalement dans la transcendance du monde. 11 | ||
| + | |||
| + | Encore l’étant dont l’être guide indûment la compréhension du **phénomène** ontologique du monde n’est-il pas même l’étant qui survient en premier lieu pour nous à l’intérieur de ce monde. 12 | ||
| + | |||
| + | Et comment doit-on comprendre phénoménologiquement cette nécessaire référence de l’essence de la manifestation à la détermination qui se manifeste ? Si l’essence du **phénomène** se réfère nécessairement au **phénomène** lui-même, n’est-ce point parce que cette œuvre qui la définit et qui est l’acte de faire surgir dans la présence, l’essence de la manifestation ne l’accomplit pas vis-à-vis d’elle-même mais seulement à l’égard de la détermination qui survient par elle à titre de « **phénomène** » ? L’essence est l’essence de la manifestation mais la manifestation n’est pas une manifestation pure qui s’éclaire elle-même et se suffit à elle-même dans cette apparence qu’elle donne d’elle-même et avec laquelle elle se confond. 13 | ||
| + | |||
| + | Et, plus loin : « L’être du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | En tant que l’être du **phénomène** se dérobe à la condition phénoménale dans laquelle parvient seul le **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | C’est justement parce que l’essence est la non-vérité qu’elle ne se manifeste pas autrement que dans la vérité de l’étant, c’est-à-dire dans le **phénomène** lui-même et comme tel. 13 | ||
| + | |||
| + | Ces moqueries ont une signification limitée si l’essence se réfère nécessairement au **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | C’est dans l’être effectif de celle-ci que l’essence de la phénoménalité pure trouve la condition de sa réalité, c’est dans le **phénomène** lui-même qu’elle parvient à la condition phénoménale. 13 | ||
| + | |||
| + | L’essence pourtant n’est pas la détermination, | ||
| + | |||
| + | La séparation effective de la créature d’avec Dieu dans le **phénomène** de la création et le rejet constitutif du panthéisme au profit d’une « autonomie de la progéniture » trouvent ainsi leur motif dans les conditions qui rendent possible le devenir effectif de la phénoménalité. 14 | ||
| + | |||
| + | En tant que l’essence de la phénoménalité ne se manifeste que dans le **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Dans le processus ontologique de l’opposition surgit le **phénomène** comme ce qui se trouve posé devant. 15 | ||
| + | |||
| + | Cette équivoque devient visible dans la description du processus qu’elle conçoit comme celui où se réalise le devenir phénoménal, | ||
| + | |||
| + | Ce qui fait de lui un ob-jet et, comme tel, un **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Ce qui se réalise dans l’essence et par elle n’est sans doute pas le « **phénomène** » au sens de quelque chose qui se manifeste, c’est la phénoménalité pure et pourtant effective. 16 | ||
| + | |||
| + | Mais le néant de l’être ne détermine la structure ontologique de l’étant dans l’acte par lequel il le manifeste comme un objet, que parce que le néant est comme tel un « **phénomène** ». 16 | ||
| + | |||
| + | La tâche de la phénoménologie a été définie comme l’élucidation ontologique de l’essence du **phénomène**. 16 | ||
| + | |||
| + | La première élucidation de l’essence du **phénomène** poursuivie selon les présuppositions ontologiques fondamentales du monisme a du moins montré que, pour accomplir son œuvre, l’essence de la manifestation devait pouvoir se manifester. « 16 | ||
| + | |||
| + | La compréhension de cette possibilité exige que soit répétée l’élucidation ontologique de l’essence du **phénomène**. 16 | ||
| + | |||
| + | La tâche de la répétition de l’élucidation ontologique de l’essence du **phénomène** est la mise en lumière de la possibilité de la manifestation de l’essence. 16 | ||
| + | |||
| + | Le premier résultat de l’élucidation du concept de **phénomène** a pourtant été de rendre évidente la nécessité d’opérer une dissociation entre ce travail d’élucidation qui définit la tâche de la phénoménologie et, d’autre part, la réalité du concept qui forme son objet, à savoir le surgissement de l’essence dans l’effectivité de sa condition phénoménale. 17 | ||
| + | |||
| + | Le sens de cette confusion apparaît clairement dans l’affirmation selon laquelle le « concret » est « la totalité synthétique dont la conscience comme le **phénomène** ne constituent que des articulations ». 28 | ||
| + | |||
| + | Ce n’est plus « l’être-en-soi », ici, c’est le « **phénomène** » qui se donne comme constituant avec la conscience la totalité synthétique concrète où se réalise l’être-pour-soi effectif, c’est-à-dire la phénoménalité elle-même. 28 | ||
| + | |||
| + | Derrière le concept de **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | La problématique qui poursuit l’élucidation de l’essence du **phénomène** à l’intérieur des présuppositions ontologiques ultimes du monisme, tombe alors dans cette situation dialectique où elle se trouve renvoyée sans cesse de cette essence à l’être-à-l’extérieur-de-soi de cette essence, de l’être-à-l’extérieur-de-soi de l’essence à l’essence même. 28 | ||
| + | |||
| + | Ce qui se légitime, toutefois, dans ce renvoi perpétuel d’un terme à l’autre n’est-ce pas, précisément, | ||
| + | |||
| + | Que la problématique qui vise à élucider l’essence du **phénomène** échoue dans sa tentative de déterminer la réalité du fondement, c’est-à-dire précisément au moment où elle est amenée en présence de ce qui constitue sa tâche la plus propre et la plus fondamentale, | ||
| + | |||
| + | A sa tâche s’égale la problématique qui vise à élucider l’essence du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | La compréhension de son impuissance à donner un contenu à l’idée, qu’elle fait surgir elle-même, de la structure formelle de l’autonomie amène la problématique qui vise l’essence du **phénomène** devant l’indigence des moyens dont elle dispose, devant l’insécurité et l’indétermination des horizons ontologiques ultimes qui sont les siens. 30 | ||
| + | |||
| + | Car sans doute tout ce qui est ne trouve son être que par la médiation de l’essence qui lui fait le don de la présence, tout étant, si du moins nous en parlons comme d’un **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Car, si elle le fonde et en même temps se trouve comprise par lui, la structure ultime de l’être n’est pas contenue cependant dans le **phénomène** du oui et de l’acquiescement. 37 | ||
| + | |||
| + | Il suffit que soit montrée ici la nécessité pour l’interprétation de l’être à partir de l’impossibilité du dépassement, | ||
| + | |||
| + | Dans un tel renvoi et par lui la philosophie de la transcendance en revient aux présuppositions qui sont les siennes et s’y tient, de telle manière toutefois que le **phénomène** essentiel auprès duquel elle se trouve apportée par son progrès se trouve dès lors être perdu. 42 | ||
| + | |||
| + | Avec le **phénomène** de l’Entschlossenheit nous sommes conduits devant la vérité… de l’existence. » 43 | ||
| + | |||
| + | Avec l’intervention des thèmes existentiels dans la détermination du concept de situation, la philosophie de la transcendance ne s’abandonne pas pour autant au subjectivisme, | ||
| + | |||
| + | Mais il n’est pas meilleure façon de sortir d’un cercle que de le réaliser, et cela dans la plus extrême confusion : « la situation, dit Sartre, produit commun de la contingence de l’en-soi et de la liberté, est un **phénomène** ambigu dans lequel il est impossible au pour-soi de discerner l’apport de la liberté et de l’existant brut ». 44 | ||
| + | |||
| + | De cette faillite, de ce réalisme aussi par conséquent, | ||
| + | |||
| + | C’est en cela qu’il diffère d’un **phénomène** simplement négatif, d’une pure absence, d’un néant. 45 | ||
| + | |||
| + | L’échec du savoir spéculatif dans sa prétention de saisir l’être de l’absolu, c’est-à-dire l’essence du divin, donne sa signification philosophique à la distinction instituée par Fichte, à propos de celui-ci précisément, | ||
| + | |||
| + | Pour Jésus, dit Fichte avec une profondeur infinie, une telle transcendance était pure impossibilité ; car à cet effet il lui aurait fallu dans sa personnalité se distinguer de Dieu, se poser à part, s’étonner devant lui-même comme devant un **phénomène** curieux et prendre à tâche de résoudre l’énigme de la possibilité d’un individu tel que lui. » 46 | ||
| + | |||
| + | Que celle-ci, sous prétexte qu’elle ne s’accomplit pas dans l’étendue ni par la médiation des idées, soit dite imparfaite, non véritable, n’enlève rien au contenu phénoménologique du **phénomène** qu’elle constitue par elle-même, atteste seulement l’impuissance de la pensée à égaler sa propre découverte. 48 | ||
| + | |||
| + | Co-extensif à l’essence originelle de la phénoménalité, | ||
| + | |||
| + | Avec l’apparition de celui-ci se découvre en effet, comme constituée par l’invisible précisément et par l’effectivité de la phénoménalité qui lui appartient en propre, une dimension nouvelle et infinie de l’existence telle que tout ce qui se propose dans le monde et se manifeste en lui à titre de « **phénomène** » se révèle désormais être sans rapport avec elle ni avec ce qu’elle comporte d’essentiel. 51 | ||
| + | |||
| + | Encore le Christ ne partage-t-il point avec celui-ci, fût-ce dans l’instant très court d’une histoire, la détermination de l’être objectif et son apparence, et n’est-il pas exact de dire que, si dans la religion grecque, où le dieu demeure dans le phénoménal et s’y maintient, « le **phénomène** » pour cette raison « constitue l’aspect suprême et, d’une manière générale, le tout du divin, dans la religion chrétienne », au contraire, « l’apparition n’est considérée que comme un moment du divin ». 51 | ||
| + | |||
| + | Descartes, s’il range d’emblée tous les affects sous la rubrique commune de la passion, cherchant ainsi l’explication de leur essence dans le **phénomène** de la passivité, ne dispose point du concept adéquat de celle-ci, comme concept ontologique et fondamental. 53 | ||
| + | |||
| + | Bien au contraire, l’être ou la substance est compris dans le cartésianisme comme foncièrement étranger au **phénomène** de l’affection puisque, considéré en lui-même, « par soi seul », c’est-à-dire indépendamment de ses attributs, « il ne nous affecte point ». 53 | ||
| + | |||
| + | Les diverses conceptions, | ||
| + | |||
| + | Tout acte de position, cependant, quel que soit le mode selon lequel il s’accomplit et aussi bien dans le cas où la pensée se donne la réalisation intuitive de la signification qu’elle vise, est en lui-même, dans son affection originelle par soi et comme se sentir soi-même, un **phénomène** affectif. 54 | ||
| + | |||
| + | Parce que l’affectivité est en elle-même comprenante, | ||
| + | |||
| + | Ainsi doivent être écartées les pensées d’inspiration fort différentes qui, partageant cependant avec celle de Fichte et, à vrai dire, avec la quasi-totalité des philosophies du sentiment la conception de la contingence absolue de celui-ci, c’est-à-dire de sa dépendance à l’égard de l’événement et d’une manière générale de l’affection, | ||
| + | |||
| + | Le propre des recherches dites positives est la méconnaissance habituelle de l’essence du **phénomène** qu’elles étudient, ce qui les conduit à attribuer à celui-ci un certain nombre de caractères sans pouvoir les hiérarchiser entre eux ni les fonder, à les énumérer de façon gratuite et hasardeuse et à discuter de même et par suite indéfiniment à leur sujet. 55 | ||
| + | |||
| + | Ainsi voit-on l’analyse s’orienter de façon absurde vers la recherche de la fonction du sentiment et du rôle joué par lui dans l’économie générale du psychisme, s’efforcer d’en rendre compte à partir du **phénomène** de l’adaptation, | ||
| + | |||
| + | La présence du vivant, l’auto-affection de la sensation constitutive de son être-donné originel, de son être et de son essence, et présente comme telle en toute sensation, aussi bien dans la « sensation visuelle » — pour autant qu’on ne la réduise pas arbitrairement à son contenu représentatif — que dans la « sensation cœnesthésique de l’appareil visuel », c’est là cependant ce qui n’est pas pensé, le **phénomène** ontologique fondamental de cette auto-affection, | ||
| + | |||
| + | Que l’affectivité constitue, non un contenu de l’expérience, | ||
| + | |||
| + | C’est pourquoi, en dépit de l’ordre postulé par l’explication génétique, | ||
| + | |||
| + | Ainsi doit être énoncé le **phénomène** dont Lachelier ne sut pas saisir l’essence : la vérité de la douleur est son affectivité. 60 | ||
| + | |||
| + | Un tel **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | Comme celle de Scheler, la pensée de Heidegger se caractérise, | ||
| + | |||
| + | Que le sentiment sensoriel se trouve inclus dans une partie du corps organique, qu’il existe de cette existence spatiale et temporelle qui caractérise ce dernier, ce n’est pas là une affirmation spéculative, | ||
| + | |||
| + | Parlant du pouvoir du sentiment sensoriel de révéler l’état axiologique, | ||
| + | |||
| + | Parce que le sentiment sensoriel se trouve comme **phénomène** dans les organes dont il est le sentiment, parce que l’extension du corps organique et de son temps propre, l’extension comme telle, constitue ultimement le mode de manifestation et la réalité de ce sentiment, le statut de celui-ci, son statut ontologique et phénoménologique est clairement défini et le détermine à partir de l’extension où il s’étend et de ce qui la fonde comme une réalité étendue et transcendante. 66 | ||
| + | |||
| + | Des niveaux affectifs de profondeur différente désignent des dimensions d’existence spécifiques, | ||
| + | |||
| + | Loin de pouvoir fonder l’existence d’une pluralité de régions affectives fondamentalement différentes, | ||
| + | |||
| + | Si l’on oppose par exemple, à la manière de Scheler, les sensations et les états affectifs aux actes intentionnels et, plus particulièrement, | ||
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| + | L’élucidation systématique des déterminants affectifs de l’action juxtapose à l’affectivité de la perception affective de la valeur qui oriente l’action « l’état affectif, quel qu’il soit, d’où sortent pour ainsi dire par effraction la tendance et le vouloir et qui, à la différence de la motivation, contient en soi le **phénomène** du « choc » physique (de la vis a tergo) ». 68 | ||
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| + | Dans le cas de la détermination de l’action par un stimulus instinctif, détermination que la pensée causale interprète comme un processus en troisième personne, comme une consécution mécanique et aveugle entre l’excitant et la réaction, celui-ci, l’objet de l’affection qui constitue l’essence d’un tel **phénomène**, | ||
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| + | Dire maintenant que le réel est Esprit, c’est dire qu’il est essentiellement acte de se révéler et de se manifester, c’est dire que le réel est **phénomène**. « 71 | ||
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| + | Si l’essence de l’essence est de se manifester, il faut dire en quoi consiste cet acte de se manifester, quelle est l’essence de cette essence de l’essence, | ||
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| + | La condition de la conscience, l’essence du **phénomène** et de toute manifestation, | ||
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| + | En fait, ces derniers existent, ils concernent directement la détermination ontologique de l’essence du **phénomène**. 71 | ||
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| + | Le processus de la réflexion n’est tout d’abord rien d’autre que l’accomplissement de la rupture qui vient briser l’identité de l’être et, du même coup, promeut celui-ci au rang de « **phénomène** ». 71 | ||
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| + | Que la structure interne de la réflexion soit liée, à titre de condition et comme simple synonyme de division, à l’essence du **phénomène**, | ||
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| + | C’est pour satisfaire, au contraire, à l’appel de la lumière, c’est pour se bisser au rang de **phénomène** que la vie fait accueil en elle à la division et au déchirement. 71 | ||
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| + | Elle prépare la compréhension thématique de l’essence du **phénomène** et appartient déjà à la définition structurale des conditions qui fondent celui-ci dans sa possibilité. 71 | ||
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| + | Ce n’est pas, encore une fois, le philosophe intellectualiste qui dit que la réflexion est intérieure à l’Absolu, c’est celui qui s’incline devant la prétention de l’Absolu d’être un **phénomène**. 71 | ||
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| + | En d’autres termes, la réflexion ne désigne pas un mode particulier de la vie de la conscience, elle en constitue bien plutôt l’essence, | ||
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| + | La division interne de l’être est la condition de sa promotion au rang de **phénomène**. 72 | ||
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| + | C’est, en effet, par l’instauration de cette distance, instauration qui est l’œuvre de la négativité, | ||
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| + | La structure de la dialectique n’est autre que la structure éidétique du **phénomène**, | ||
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| + | La compréhension de la structure de la dialectique devient aisée quand elle suit celle de l’essence du **phénomène**. 72 | ||
| + | |||
| + | La négation de cet être est donc une avec son propre surgissement dans la lumière, avec sa promotion au rang de **phénomène** — une, par conséquent, | ||
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| + | La scission de l’être, condition de sa promotion au rang de **phénomène**, | ||
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| + | Elle est le « **phénomène** ». 73 | ||
| + | |||
| + | La négativité est une structure du **phénomène**, | ||
| + | |||
| + | L’accomplissement de la réalité consiste pour celle-ci dans le fait de devenir un **phénomène**. 74 | ||
| + | |||
| + | Comment faut-il comprendre cet Intérieur ? Comment doit se déterminer ce Grund ? Y a-t-il une réalité qui précède celle qui est là pour nous et se présente à nous comme **phénomène** objectif ? En fait, l’essence de l’objectivité est, pour Hegel, la seule essence. 74 | ||
| + | |||
| + | Il est le mouvement par lequel l’être devient réel, c’est-à-dire devient un **phénomène**. 74 | ||
| + | |||
| + | Mais le réel est Esprit, il est « **phénomène** », manifestation. 74 | ||
| + | |||
| + | Être reconnu, cela signifie, tout d’abord, se manifester comme un **phénomène**, | ||
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| + | Être, cela signifie se donner à titre de **phénomène**. 75 | ||
| + | |||
| + | Cela signifie plus précisément, | ||
| + | |||
| + | Mais le fait de s’évanouir, | ||
| + | |||
| + | Que le temps pur ne puisse se manifester comme un **phénomène** dans la sphère de l’être transcendant, | ||
| + | |||
| + | Cependant, le temps qui vient d’être reconnu comme l’essence du Concept ne peut en aucune façon lui servir de « **phénomène** ». 75 | ||
| + | |||
| + | L’entrée dans l’objectivité, | ||
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| + | L’acte par lequel quelque chose surgit dans la lumière à titre de **phénomène** est indissolublement celui par lequel quelque chose se cache. 76 | ||
| + | |||
| + | En sorte que l’Intérieur, | ||
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| + | L’être-aliéné est identique au fait de se manifester, au **phénomène** comme tel. 76 | ||
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| + | Quel est le statut phénoménologique de la négation non encore réalisée ? La négativité n’est pas un **phénomène**. 76 | ||
| + | |||
| + | Être une « expérience effective », cela signifie être dans le milieu universel de l’objectivité, | ||
| + | |||
| + | Or si l’horizon de la transcendance constitue ce dans quoi l’entité transcendante surgit à titre de **phénomène** dans le milieu de l’être, ce milieu ne nous offre encore en lui-même que l’abstraction d’une présence qui n’est rattachée à rien aussi longtemps que l’acte de transcendance n’est pas pensé à partir de l’autoprésence à lui-même de cet acte au sein de la subjectivité absolue. 77 | ||
| + | |||
| + | Cette liaison réside à son tour dans le **phénomène** ontologique de la passivité. 77 | ||
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| + | Cependant, la découverte de cette sphère d’immanence radicale, comme ultime fondement de toute présence possible, exige un dépassement décisif de la problématique hégélienne du **phénomène** et de toute philosophie moniste de la manifestation en général. 77 | ||
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