| Nous venons de jeter un premier regard sur l'allure générale d'une approche phénoménologique, hérissée d'obstacles terminologiques, de la vie, qui se fixe pour but de « voir la chose principale de la philosophie, la facticité » (GA61, 99). L'Analyse de la vie factuelle nous place devant l'alternative suivante : allons-nous créditer la vie d'une transparence parfaite, de cette pureté cristalline, dont la logique nous offre la meilleure idée, ou est-elle au contraire synonyme d'opacité absolue ? En parlant de « facticité » (Faktizität), il semblerait que nous choisissions le second terme de l'alternative. Et c'est précisément cela qui inquiétait les néo-kantiens. Mais tout ce qui vient d'être dit plus haut présuppose qu'il doit y avoir une troisième possibilité entre ces deux extrêmes. En empruntant une image, nous dirions qu'entre la transparence cristalline et l'opacité absolue il peut y avoir une « translucidité » plus ou moins brumeuse. C'est précisément de cette image de la nébulosité ou de la brumosité (Diesigkeit, GA61, 88) que Heidegger se sert pour caractériser le rapport à soi de la vie. | Nous venons de jeter un premier regard sur l'allure générale d'une approche phénoménologique, hérissée d'obstacles terminologiques, de la vie, qui se fixe pour but de « voir la chose principale de la philosophie, la facticité » (GA61, 99). L'Analyse de la vie factuelle nous place devant l'alternative suivante : allons-nous créditer la vie d'une transparence parfaite, de cette pureté cristalline, dont la logique nous offre la meilleure idée, ou est-elle au contraire synonyme d'opacité absolue ? En parlant de « facticité » (Faktizität), il semblerait que nous choisissions le second terme de l'alternative. Et c'est précisément cela qui inquiétait les néo-kantiens. Mais tout ce qui vient d'être dit plus haut présuppose qu'il doit y avoir une troisième possibilité entre ces deux extrêmes. En empruntant une image, nous dirions qu'entre la transparence cristalline et l'opacité absolue il peut y avoir une « translucidité » plus ou moins brumeuse. C'est précisément de cette image de la nébulosité ou de la brumosité (Diesigkeit, GA61, 88) que Heidegger se sert pour caractériser le rapport à soi de la vie. |