estudos:duval:duval-hz-197-201-linguagem
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| + | ====== Linguagem (HZ: | ||
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| + | //Data: 2022-09-25 18:42// | ||
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| + | ==== Heidegger et le Zen ==== | ||
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| + | === Tao: l’extension que vient de parler dan le repos d’un silence resplendissant qui affleure === | ||
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| + | //Escutemos a processão da Linguagem no desdobramento afirmativo de si da Panrealidade universal, processão e afirmação onde põe em obra o Tácito.// | ||
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| + | Ecoutons la procession de la Langue dans le déploiement affirmatif de soi de la Panréalité universelle, | ||
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| + | Corps de Shiva : corps oeuvré par la provenance fulgurante de la Vie universelle qui donne forme en le rythme encore muet de son alchimie anonyme. | ||
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| + | Corps de Shiva : corps oeuvré par l’affleurement du Silence qui s’éclôt au coeur de ce vivant particulier qu’est l’homme, éclosion qui fait de proche en proche vibrer la Panréalité toute entière. Corps de Shiva, manifestation de la Dimension authentique du Corps de l’Homme comme Miroir silencieux de la Vie universelle. | ||
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| + | Corps de Shiva : corps oeuvré par l’extase du Cri qui sort du Silence, qui sort du Coeur-Miroir de l’Homme. Homme-Cri qui mire l’élan inachevé de la Vie universelle en quête de sa propre Harmonie. Harmonie tacite-Silence-Cri vers Harmonie explicite. Tension, Arc de cette “ex-pli-citation”. | ||
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| + | Corps de Shiva : corps oeuvré par l’extension du Chant qui dit l’amplitude blessée du Silence primordial. Recherche de l’Accord parfait de la Vie universelle avec elle-même à partir de sa provenance qui repose. Corps de Shiva : Corps-Miroir ; Corps-Voix. Voix qui se condense, se cristallise, | ||
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| + | Et le Corps de Shiva vient à danser. Dans un Cercle de Feu. Cercle de Feu : provenance du Tacite foudroyant qui met en oeuvre les pas de Shiva ; provenance qui fait affleurer le Silence ; affleurement d’où surgit le Cri ; surgissement qui se déploie dans l’ampleur du Chant ; éploiement qui se cristallise dans le Corps amphoral de Shiva, centre dansant du Cercle de Feu. Corps de Shiva : à la fois cristallisation focale de toutes les énergies universelles et extase dansante qui met en oeuvre cela qui l’oeuvre. Corps de Shiva : miroir qui focalise et qui irradie : telle se montre la Respiration essentielle de la Panréalité universelle dans le rythme systole-diastole qui lie le Feu universel à la réalité humaine pancosmique de Shiva. | ||
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| + | Méditation. Voir la Danse de Shiva dans le Cercle de Feu comme Schème parfait de ce qui se joue dans le Panréalité universelle. | ||
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| + | C’est à partir de ce Schème qu’il faut comprendre l’essence de la réalité humaine. | ||
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| + | Les hommes n’ont pas d’abord eu “conscience” de leur individualité pour ensuite projeter les schèmes démesurés de leurs Mythes, mais c’est à partir de la Démesure de leurs Mythes qu’ils ont reçu la Mesure de leur humanité. | ||
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| + | “Mythe” signifie d’abord “Parole”. “Mythe” dit l’Accord de la réalité humaine à la provenance silencieuse des Mondes. Une figure mythique est une figure en laquelle toute société particulière schématise la conscience qu’elle a d’un tel accord. Et c’est de cet Espace “parlant” du Mythe que tout homme singulier tire la substance de sa nature et de son identité “particulière”. C’est à partir de Là (Vraie Dimension du Dasein) qu’il peut parler, discourir, s’entretenir, | ||
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| + | Dans la Mesure où le Poète parle à partir de Cela qui parle en la Vibration silencieuse du Mythe primordial où se schématise l’intention signifiante qui porte la Vie universelle à vouloir se signifier elle-même en plénitude, dans cette Mesure la Parole du Poète articule primordialement les mots dont la Cité fera usage. | ||
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| + | C’est en écoutant les conteurs, eux-mêmes à l’Ecoute du Mythe, de la Parole en sa provenance essentielle, | ||
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| + | — « La Parole qui s’effectue en se déployant (das entwerfende Sagen) est Poème : Parole du Monde et de la Terre ; Parole de l’espace de jeu de leurs combats et par là Lieu de toute proximité et de tout éloignement des dieux. Le Poème est la Parole qui dit l’éclosion de tout ce qui est. Toute langue fait advenir la Parole en laquelle se manifeste proprement (geschichtlich) pour un peuple son monde et se sauvegarde la puissance de la Terre recéleuse. La Parole qui s’effectue en se déployant est cela qui dans le frémissement (Bereitung) de ce qui peut être dit porte annonce du tacite qui demeure... | ||
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| + | La langue elle-même est Poème au sens essentiel. Dans la mesure cependant où la langue en tant que telle est l’avènement en lequel se décèle immédiatement pour l’homme tout ce qui est en sa puissance propre, la “poésie”, | ||
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| + | GA9 61 : « Das entwerfende Sagen ist Dichtung : die Sage der Welt und der Erde, die Sage vom Spielraum ihres Streites und damit in der Stätte aller Nähe und Ferne der Götter. Die Dichtung ist die Sage der Unverborgenheit des Seienden. Die jeweilige Sprache ist das Geschehnis jenes Sagens, in dem geschichtlich einem Volk seine Welt aufgeht und die Erde als das Verschlossene aufbewahrt wird. Das entwerfende Sagen ist jenes, das in der Bereitung des sagbaren zugleich das Unsagbare als ein solches zur Welt bringt... | ||
| + | Die Sprache selbst ist Dichtung im wesentlichen Sinne. Weil nun aber die Sprache jenes Gechehnis ist, in dem für den Menschen überhaupt erst Seiendes als Seiendes sich erschließt, | ||
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| + | Le poème est alors écho du Poème de l’univers dans l’oralité qui se tient dans la provenance du tacite ; qui demeure dans l’amplitude du Silence; qui s’éploie dans la Dimension du Chant ; qui s’articule dans la fidélité du Cri ; qui se danse dans les forges de la bouche universelle du Poète en complicité pancosmique. Travail du Poème de l’Univers qui met en chemin, qui met en oeuvre la Parole qu’il décèle de lui-même sur lui-même afin de montrer la Douleur comme Douleur d’enfantement. | ||
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| + | Parce que cette Parole était vibratoire ; parce que sa vibration était essentielle, | ||
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| + | François Cheng parle de ce Jeu rythmé des traits sur le Lin surabondant : | ||
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| + | — « L’aspect ordonné apparemment statique, de cette représentation ne doit pas nous faire oublier que nous sommes en présence d’un langage dynamique dont les éléments composants s’impliquent les uns les autres. Langage éclaté, qui remet en question les rapports entre le Dit et le non-dit, l’action et la non-action et, en fin de compte, le sujet et l’objet. Pour les poètes, seul ce langage, mû par le Vide, est capable d’engendrer la parole où circule le “souffle”, | ||
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| + | Alors dans le Jeu du Blanc et du Trait qui tra-duit le passage du tacite à l’ex-plicite, | ||
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| + | |— « Sur le tard | ||
| + | _ Mille choses | ||
| + | _ S’estimer | ||
| + | _ Savoir ainsi | ||
| + | _ Brise de pin | ||
| + | _ Lune de Mont | ||
| + | _ Seigneur demander | ||
| + | _ Chant de pêcheur|seulement aimer quiétude | ||
| + | _ ne pas occuper l’esprit | ||
| + | _ manquer de ressources | ||
| + | _ retourner au bois ancien | ||
| + | _ souffler dénouer ceinture | ||
| + | _ éclairer pincer cythare | ||
| + | _ ultime vérité | ||
| + | _ pénétrer roseaux profonds. » ((François Cheng: l’écriture poétique chinoise, suivie d’une anthologie des poèmes des T’ang – Seuil 1977, p. 176))| | ||
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| + | Et encore, Chang chien : | ||
| + | |||
| + | |— « Matin clair | ||
| + | _ Soleil naissant | ||
| + | _ Sentiers silencieux | ||
| + | _ Chambre du Ch’an | ||
| + | _ Lumière de montagne | ||
| + | _ Ombre de lac | ||
| + | _ Dix mille bruits | ||
| + | _ Seul rester|pénétrer temple antique | ||
| + | _ éclairer hauts arbres | ||
| + | _ communiquer lieu secret | ||
| + | _ fleurs-plantes profondes | ||
| + | _ jouir humeur d’oiseau | ||
| + | _ vider coeur d’homme | ||
| + | _ à la fois silencieux | ||
| + | _ son de pierre musicale. » ((ibid., p. 205.))| | ||
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| + | Ef Heidegger complice : | ||
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| + | — « Puissant est dans la pierre le tacite. » ((GA12: 45 : « Gewaltig ist das Schweigen im Stein. » (Georg Trakl, cité par Heidegger).)) | ||
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| + | Plus tardivement encore viendra la langue des tards-venus. Issus du Couchant, ils raidiront l’écriture, | ||
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| + | A moins que. | ||
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| + | A moins que dans ce regard purifié des choses, des visages et des mots n’éclate soudain à nouveau l’attrait pour la source de l’Etre que l’on croyait perdue. | ||
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| + | A moins que le rideau du Temple des mots se déchirant on retrouve la puissante lunule qui irradie dans le Silence de la Paix universelle le Feu qui ne cesse d’embraser l’Univers. | ||
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| + | A moins que, un soir de Noces avec le Monde, un soir de Noce avec lui-même, l’homme pancosmique ne s’éveille du mauvais rêve de ce qu’il croit sa vie pour retrouver les Pas de Shiva, pour retrouver sa Dimension primordiale, | ||
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| + | A moins que, sortant du songe d’une nuit d’été, il ne Voit enfin “ce que l’homme a cru voir”. | ||
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| + | Alors seulement, comme aux jours de l’antique rythme du Coeur néoplatonicien, | ||
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| + | — « Reviens en toi-même et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle : il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il montre un beau visage dans la statue ; comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue jusqu’à ce que l’éclat divin de la vertu se manifeste... Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Est-ce que tu as avec toi-même un commerce pur, sans que rien d’autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ?... Te vois-tu dans cet état ? Tu es alors devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici, tu as monté ; et tu n’as plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois. (Plotin. Ennéades 1-6, 9, 7) » | ||
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| + | Fixe ton regard et vois... | ||
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