estudos:decleve:eu-penso-segundo-ser-e-tempo
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| + | ====== o "eu penso" segundo Ser e Tempo (1970: | ||
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| + | A tagarelice natural usa e abusa do " | ||
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| + | Esta possibilidade autêntica de ser não é outra senão a preocupação [Sorge]. E "a preocupação não precisa de se fundar num Eu: é antes a existencialidade, | ||
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| + | Le but du paragraphe 64 est de faire voir, entre autres, comment, à partir d’une saisie correcte du dire-Je vécu dans le quotidien, une philosophie accepte de partager, dans l’interprétation ontologique, | ||
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| + | Disons d’abord brièvement comment M. Heidegger comprend l’ipséité du Dasein par rapport au souci. | ||
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| + | Le bavardage naturel use et abuse du Je. Il néglige ainsi le contenu visé par le Je et qui s’y manifeste: le Dasein. Or «le Dasein est authentiquement soi dans la singularisation originelle de la résolution devenue silencieuse et s’encourageant à l’angoisse. En tant que silencieux, l’authentique être-soi ne dit précisément pas: ‘Je, Je’ mais dans le silence il est l’étant jeté: en tant que tel, il a une possibilité authentique d’être» [SZ: | ||
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| + | Cet authentique pouvoir-être n’est autre que le souci. Et «le souci n’a nul besoin d’être fondé dans un Soi : c’est bien plutôt l’existentialité, | ||
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| + | Kant a bien aperçu le point de départ de cette ontologie du Soi. Il saisit qu’un fonds phénoménal est donné dans le fait de dire Je. Il y distingue les caractères de simplicité, | ||
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| + | Et la valeur de sa réfutation est incontestable. En effet, l’expérience qui perçoit les trois caractères en question, pour authentique qu’elle soit, demeure pré-phénoménologique: | ||
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| + | Kant tente donc d’être plus strictement fidèle que ses prédécesseurs au contenu phénoménal du dire-Je. Mais par après il [71] glisse dans cette même ontologie du substantiel dont il avait théoriquement refusé pour le Je les bases ontiques. | ||
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| + | Il s’agit par conséquent de mener plus loin qu’il le fit la destruction du substantialisme. Cependant, le texte qui suit va le montrer, Heidegger ne pourra pas faire servir à son propos la théorie critique du Ich denke sans y ajouter lui-même un peu de ce qu’il veut détruire. | ||
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| + | «Kant saisit avec raison le contenu phénoménal du Je dans l’expression: | ||
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| + | «Dans l’analyse que fait Kant, l’élément positif est double. Il voit d’abord l’impossibilité de ramener l’onticité du Je à une substance; ensuite, il maintient fermement que le Je est Je pense. Malgré cela, il prend de nouveau ce Je comme sujet et, par là même, en un sens inadéquat du point de vue ontologique. Car le concept ontologique de Sujet ne caractérise pas l’ipséité (Selbst-heit) du Je en tant que soi, mais l’identité (Selbigkeit) comme soi et la stabilité d’un subsistant toujours déjà là. Déterminer le Je ontologique comme sujet signifie: le fixer comme un subsistant toujours déjà là. L’être du Je est compris comme ré-alité de la res cogitans. | ||
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| + | [72] «A quoi tient donc que Kant ne sache pas apprécier ontologiquement la manière phénoménale authentique d’aborder le Je pense? A quoi tient qu’il doive retomber sur le ‘Sujet’, | ||
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| + | «Mais les représentations sont pour lui uniquement ‘l’empirique’ qui est ‘accompagné’ par le Je, les apparaîtres (Erscheinungen) auxquels ce Je est ‘attaché’. Kant ne montre pourtant nulle part le mode d’être de cet ‘être attaché’ et de cet ‘accompagner’. Au fond, ce mode d’être est compris comme un constant être-subsistant-avec du Je avec ses représentations. Kant évite sans doute de couper le Je du penser, mais sans toutefois aborder le ‘Je pense’ dans la plénitude de sa constitution essentielle comme ‘Je pense quelque chose’, et surtout sans voir le ‘présupposé’ ontologique requis pour qu’un ‘Je pense quelque chose’ puisse être une détermination fondamentale du soi. Car le point d’insertion du ‘Je pense quelque chose’ reste sous-déterminé ontologiquement aussi longtemps que reste sous-déterminé le ‘quelque chose’. Si l’on entend par là un étant intra-mondain, | ||
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| + | Ces pages devaient être citées intégralement. | ||
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| + | Elles marquent avec force la part de cartésianisme qui subsiste censément dans la théorie critique. Rencontrent-elles pour autant la signification profonde du Ich denke? On peut se le demander. | ||
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| + | Sans doute, Heidegger ne nie pas que l’intention première de Kant ait été précisément de dépasser le chosisme d’une certaine tradition. Cependant il semble qu’à ses yeux seule soit valable, [73] dans l’exécution de ce projet, la partie négative celle qui dénonce les erreurs du rationalisme. Nulle part il ne suggère qu’en déclarant le Ich denke une pure forme, le philosophe a pu apporter une contribution positive à la réalisation de son dessein. | ||
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| + | Il est incontestable assurément que le langage kantien est encore prisonnier du mode de pensée dont il voudrait nous libérer. Mais ce n’est là qu’un motif supplémentaire pour éviter de lui prêter ou de sembler lui prêter des expressions dangereuses dont il n’use pas, comme celle de res cogitans. Pareille surcharge fausse d’emblée l’intelligence des textes. | ||
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| + | Pourtant Heidegger trouve pour définir la nature de l’apperception des formules d’une remarquable justesse: «Le Je pense n’est pas un représenté, | ||
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| + | Mais Sein und Zeit, peut-être sous l’influence de Scheler auquel d’ailleurs il nous renvoie [Ibid.], confère prématurément à la «conscience» ainsi décrite une valeur de totalité. Cette forme — dont Kant nous dit que la saisie des Paralogismes la réduit à une idée et qu’il est à peine possible d’en parler puisque «nous devons toujours déjà nous servir de sa représentation pour juger quoi que ce soit à son sujet» ((Cfr B 426-427 et A 346, B 404.)) —, Heidegger en fait aussitôt un hypokeimenon, | ||
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| + | Bien entendu, nous ne songeons pas à prétendre que la personne morale peut être considérée à bon droit comme une «substance». Et Kant, en dépit d’un langage encore causaliste, s’efforce d’éviter cette assimilation paresseuse. | ||
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| + | Mais au niveau de la première Critique, on fausse gravement la perspective si l’on prête au Je pense une personnalité concrète, si l’on prend ce Je pour quelqu’un. Car il n’est encore personne, rappelons-le : c’est au titre de Cela pense qu’il est découvert comme structure encore impersonnelle d’une personnalité.((A 345-346, B 403-404: «Durch dieses Ich, oder Er, oder Es (das Ding), welches denkt ...».)) Le problème [74] mis en évidence par les Paralogismes est précisément celui de la signification de cette structure pour la compréhension d’être propre à l’homme. Le Je pense est inséparable de cette compréhension, | ||
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| + | Une fois saisie la nature exacte du Cela pense, il devient difficile d’accepter que Kant ne montre nulle part le mode de l’accompagner et de l’être-attaché. Lorsqu’il nous dit qu’il s’agit là d’une forme ou d’une idée, il pose bel et bien une détermination ontologique de la structure en question. Mais ce n’est évidemment qu’une détermination partielle de l’être du Soi. | ||
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| + | Et ceci ôte en fin de compte tout son poids à ce reproche que le mode d’être de l’accompagner serait une constante subsistance du Je avec ses représentations. | ||
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| + | Ce dernier point est lié, selon Heidegger, au fait que la Critique ignore l’intentionnalité du Je pense. L’auteur nous renvoyant ici à son analyse phénoménologique de la réfutation kantienne de l’idéalisme, | ||
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| + | Auparavant toutefois une remarque s’impose : c’est assez arbitrairement que le paragraphe 64 fait grief à Kant de séparer la pensée et le monde en isolant un sujet subsistant comme chose pensante. | ||
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| + | En effet lorsqu’on se réfère aux Paralogismes, | ||
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| + | Il aurait fallu nous dire si cette dernière note est, elle aussi, un contenu d’expérience pré-phénoménologique. Le silence total de l’interprète sur ce point pourrait indiquer qu’à son avis la critique kantienne de ce prédicat demeure sans lien intrinsèque avec l’ensemble de la théorie des Paralogismes. | ||
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| + | [75] Il y a donc toute chance que la discussion engagée avec Kant à propos de la réalité du monde extérieur implique un malentendu radical: elle ignorera simplement que la Critique entend se séparer de cet idéalisme qui veut fonder sur la seule pensée l’existence du monde. Car l’intention de Kant ne fait pas de doute: il s’efforce de montrer que cet idéalisme-là est psychologique et qu’il en demeure à une compréhension ontique du monde, comme dirait Heidegger. | ||
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| + | Selon Sein und Zeit, c’est au contraire Kant lui-même qui s’arrête à cette compréhension ontique du monde et ne parvient pas à sortir d’une psychologie du sujet. Pour y réussir, il aurait dû remarquer que le penser inséparable du Je, sans impliquer a priori les représentations empiriques, est pourtant ouverture sur la condition de possibilité de toute représentation déterminée, | ||
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| + | //DECLÈVE, Henri. Heidegger et Kant. La Haye: Martinus Nijhoff, 1970// | ||
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