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 Ainsi, l’expérience du bonheur doit permettre de prendre en vue la caractéristique Essentielle de l’expérience fondamentale de la vie. Aristote, dont on considère la morale comme la variante la plus (477) parfaite de l’eudémonisme, nous laisse cependant, quant à l’Analyse du bonheur, assez paradoxalement sur notre faim. Son enquête est en effet concentrée sur la recherche de la vie heureuse, et sur le choix à faire entre les styles de vie qui concourent pour ce prix. Il vise avant tout à établir la supériorité de la vie contemplative. Ce faisant, il ne thématise que le contenu du bonheur. L’acte d’être heureux en tant qu’acte, dans son accomplissement, reste implicite. Aristote n’a pas décrit le bonheur comme expérience. Il sait pourtant parfaitement que l’acte contient une actuosité interne, ou comme on voudra dire. C’est en tout cas ce qu’il suppose quand il attire l’attention sur ce qui distingue la manière dont une chose est là, sans plus (hyparchein) de l’advenir (gignesthai) propre à l’acte . Mais à aucun moment, semble-t-il, cet « advenir » ne reçoit de traitement thématique. Cette façon qu’a Aristote de ne pas thématiser le procès comme tel est d’ailleurs en elle-même digne d’intérêt. Il faudrait de même se demander si l’accent mis sur le contenu au détriment de l’accomplissement n’est pas déjà une décision implicite portant sur le statut même du procès que le contenu vient remplir, et sur la nature de ce qui pourra se présenter comme ce contenu. Ainsi, l’expérience du bonheur doit permettre de prendre en vue la caractéristique Essentielle de l’expérience fondamentale de la vie. Aristote, dont on considère la morale comme la variante la plus (477) parfaite de l’eudémonisme, nous laisse cependant, quant à l’Analyse du bonheur, assez paradoxalement sur notre faim. Son enquête est en effet concentrée sur la recherche de la vie heureuse, et sur le choix à faire entre les styles de vie qui concourent pour ce prix. Il vise avant tout à établir la supériorité de la vie contemplative. Ce faisant, il ne thématise que le contenu du bonheur. L’acte d’être heureux en tant qu’acte, dans son accomplissement, reste implicite. Aristote n’a pas décrit le bonheur comme expérience. Il sait pourtant parfaitement que l’acte contient une actuosité interne, ou comme on voudra dire. C’est en tout cas ce qu’il suppose quand il attire l’attention sur ce qui distingue la manière dont une chose est là, sans plus (hyparchein) de l’advenir (gignesthai) propre à l’acte . Mais à aucun moment, semble-t-il, cet « advenir » ne reçoit de traitement thématique. Cette façon qu’a Aristote de ne pas thématiser le procès comme tel est d’ailleurs en elle-même digne d’intérêt. Il faudrait de même se demander si l’accent mis sur le contenu au détriment de l’accomplissement n’est pas déjà une décision implicite portant sur le statut même du procès que le contenu vient remplir, et sur la nature de ce qui pourra se présenter comme ce contenu.
  
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