NATUREZA (1990:292-293)

destaque

Para o uso deste termo (natureza), tal como para o de mundo, o jogo das aspas é particularmente importante e regulado em Sein und Zeit. Resumidamente, podemos dizer que a análise do Dasein como ser-no-mundo nos permite retirar as aspas do “mundo”, tal como a análise da Stimmung e da Befindlichkeit nos deve permitir retirar as aspas da “natureza”. Isto é confirmado por Heidegger já em 1929, em Vom Wesen des Grundes: A principal razão para a aparente ausência de natureza no SuZ, aponta Heidegger, “é que a natureza não é algo que possamos encontrar no círculo do mundo circundante; nem é como tal e em primeiro lugar algo com o qual mantemos uma relação. Se a natureza se manifesta originariamente no Dasein, é porque o Dasein existe como sintonizado com uma certa tonalidade afectiva no meio do ente. Mas é apenas na medida em que a tonalidade afectiva (ser-jogado) pertence à essência do ser-aí, e em que esta tonalidade se exprime na unidade total da preocupação, que se pode encontrar o fundamento do problema da natureza” (Wegmarken, p. 52; Qu. I, p. 130, n. 1).

original

Signalons d’abord une première difficulté relative au statut de la « nature » dans Sein und Zeit. Heidegger a en effet caractérisé l’ontologie ancienne comme réglée sur l’étant intramondain Vorhanden, par où elle interprète l’être de l’étant à partir de la nature. Est-ce à dire pourtant que Heidegger, pris dans le jeu apparemment simple de l’opposition : Zuhandenheit vs. Vorhandenheit, n’aborde la nature que dans le cadre de l’être préoccupé auprès-de-, jusqu’à en faire un étant sous-la-main ? C’est ce que semble suggérer en tout cas Michel Haar, quand il note par exemple : « Le premier Heidegger réduit la ‘nature’ à une variété de l’étant disponible (Zuhandenes) : la forêt est une réserve de bois ou un lieu de promenade… ». Nous pouvons laisser de côté ici la promenade, assez étrangère à la sphère de la Werkwelt, voire du Werkstatt, à laquelle s’en tient rigoureusement Heidegger, mais qu’en est-il de la forêt ? Est-elle Zuhanden pour celui qui travaille à un coffre par exemple, à titre de stock disponible ? En réalité, comme réserve (293) de bois, la forêt (nature) serait plutôt ici, selon l’économie des analyses de la période de Sein und Zeit, vorhanden ; c’est même, nous y reviendrons, une des déterminations absolument essentielles (et non dérivées) de la Vorhandenheit : hyle : forêt ! Ajoutons toutefois que la terminologie de la page 70 de Sein und Zeit, à laquelle se réfère implicitement Michel Haar, est ici précisément un peu flottante. Heidegger veut montrer que, dans le processus de production, la nature est toujours impliquée et donc co-découverte, fût-ce à titre précisément de « matériau ». Pour faire une chaussure, par exemple, et dans la mesure où le produire est toujours « utilisation de quelque chose pour quelque chose », il faut « du cuir, du fil, des clous, etc. ». Mais le cuir est lui-même fait de peaux qui viennent d’animaux, à leur tour « produits », c’est-à-dire élevés. Certes ! Mais l’irruption de l’animalité (nature) ne vient-elle pas rompre la chaîne qui permettait de passer d’un produit à un autre ? Il existe en effet des animaux sauvages qui ne font l’objet d’aucun élevage, et même parmi les animaux produits de l’élevage, il s’agit d’étants qui, reconnaît Heidegger, « d’une certaine façon se produisent d’eux-mêmes ». Ils se reproduisent précisément. Avec l’animal, dans l’exemple ici examiné, nous avons abordé un mode d’être étranger à l’« atelier », au sens strict, celui de « ce-qui-n’a-pas-besoin-d’être-produit » (l’Herstellungsunbedürftiges). Cela qui ne se présente pas comme « ouvrage à produire », la nature (animal, forêt, fer ou acier, minerai, quand il s’agit des clous ou du marteau), ne saurait être appréhendé comme « subsistant sans plus » (das nur noch Vorhandene), pour autant du moins que la subsistance est considérée comme une modalité déficiente du « en main » ou du « sous la main », pour autant qu’elle a été prédéterminée comme le strict corrélât d’une pure considération. L’étant naturel accessible dans le monde ambiant de la préoccupation est donc découvert — dit ici, provisoirement, Heidegger — comme « toujours déjà sous-la-main » (immer schon zuhanden). La formule est très singulière, s’il est vrai que la modalité du « toujours déjà » ne peut s’appliquer en toute rigueur à la Zuhandenheit.