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| + | ====== ÉDIPO ====== | ||
| + | (EF1966: | ||
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| + | <tabbox destaque traduzido> | ||
| + | O destino de Édipo traça o destino da paixão do homem pela verdade, em monumental grandeza e simplicidade. O filho da terra viola a sua mãe quando se levanta contra ela e tenta subjugá-la com a sua astúcia, quando constrói casas e cidades, faz ferramentas e máquinas e celebra os triunfos do seu trabalho e da sua inteligência. Será que esse conhecimento é suficiente? Não poderá ser ultrapassado por um conhecimento mais assustador, pelo qual saberíamos que a mãe natureza é inesgotável a um ponto que o homem é incapaz de imaginar? O saber prático e técnico na esfera do ser não se desmorona subitamente, | ||
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| + | <tabbox Hildenbrand & Lindeberg> | ||
| + | Si la réflexion de la pensée s’empare de nous, nous déchoyons de notre certitude de naguère, et nous ne savons plus qui nous sommes, ce qu’est l’homme, ce que sont coutume et droit, ce que sont chose et monde. Sans doute n’y a-t-il pas de meilleure métaphore pour cette transformation de l’humanité que la destinée du malheureux fils de Laïos. Œdipe, le maître de la ville, vit dans la splendeur et dans la gloire; il a conquis Thèbes et la main de la reine en sachant résoudre l’énigme du sphinx et répondre à la question posée par celui-ci : c’est cela l’homme. Œdipe sait ce qu’est l’homme et ce savoir lui a ouvert la voie de la royauté. Il voit mieux, il est plus clairvoyant que les autres; il est celui qui comprend le plus de choses pour autant que la compréhension dérive du bon sens humain. Il tient ce savoir pour assuré; son bonheur, pour durable et solide. Et ce qu’il y a d’inquiétant dans sa situation vient du fait que sa certitude se donne pour celte assurance que chacun éprouve dans son chez-soi. Œdipe vit plein de confiance en lui-même : son pouvoir tient, fils et filles lui sont gage que sa race se perpétuera; | ||
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| + | La destinée d’Œdipe trace la destinée de la passion que l’homme nourrit pour la vérité, dans une grandeur et une simplicité monumentales. Le fils de la terre violente sa mère lorsqu’il s’insurge contre elle et s’efforce de l’assujettir par l’habileté de sa ruse, lorsqu’il bâtit des maisons et des villes, qu’il fabrique des outils et des machines et célèbre les triomphes de son labeur et de son intelligence. Un tel savoir sait-il suffisamment de choses? Ne peut-il pas être surpassé par un savoir plus effrayant, par lequel on saurait que la nature-mère est inépuisable à un point que l’homme est incapable de se représenter. Est-ce que le savoir-faire pratique et technique dans la sphère de l’étant ne s’effondre pas subitement, une fois que la question s’éveille véritablement et se maintient, la question de savoir ce qu’est l’étant? Le non-savoir où nous précipite une réflexion qui commence, n’est pas un « état » où nous puissions séjourner, mais plutôt un état déterminé par une tension insupportable; | ||
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| + | //[FINK, Eugen. Le jeu comme symbole du monde. Tr. Hans Hildenbrand & Alex Lindenberg. Paris: Minuit, 1966, p. 20-22]// | ||
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